Bravo Messieurs !

18 Juin 2018 - Actu Equipe A

Chers joueurs,

Lorsque vous vous êtes réveillés ce matin, vous aviez certainement le cœur aussi lourd que les jambes. Oui, hier, vous vous êtes inclinés pour la première fois depuis le 17 Décembre 2017. Oui, les portes de la finale se sont refermées alors que vous n’aviez jamais été aussi proches de les ouvrir. Oui, bien évidemment, vous êtes déçus. Et oui, il est encore trop tôt pour les « Ce n’est pas grave, de toute façon vous avez fait le maximum, personne ne vous attendait à ce niveau et bla bla bla ». Mais, même si ce n’est pas encore le moment, nous allons quand même le dire, pour plus tard.

Cette demi, vous l’avez prise à bras le cœur, rendant essai pour essai, vous escrimant en défense, en essayant tout ce qu’il était possible d’essayer. Et cet acharnement, cette volonté de bien faire, au-delà de la fatigue, au-delà de la douleur parfois, souvent, c’est quelque chose qu’on ne pourra jamais vous enlever. Quelque chose qui vous caractérise depuis le début de la saison. Combien d’entre vous sont rentrés sur la pelouse d’Andrézieux en jouant sur une jambe, une demie-jambe ou même seulement quelques orteils ? Trop. Parce-que, tout au long de ces derniers mois, pas un d’entre vous ne s’est écouté. Il fallait se battre pour la montée, pour les équipiers, pour la famille, pour les amis et pour soi. Et pas un ne s’est échappé …

Alors oui, le résultat d’hier n’est pas celui que vous escomptiez. Mais ce n’est pas celui que nous retiendrons car il y a eu trop de moments magiques pour s’attarder sur cette défaite, malgré la peine légitime qu’elle peut vous faire. Nous, ce que nous retiendrons, c’est cette formidable aventure humaine qui est passée d’un petit rien à un magnifique tout. En plus du fait qu’il faille toujours se battre aussi fort que l’on peut pour atteindre ses rêves, vous nous avez appris plusieurs choses cette saison.

Déjà, qu’on pouvait faire tomber les barrières de la langue, les barrières de générations, les barrières d’expérience pour faire naître un groupe, un état d’esprit. Je pense à ceux qu’on appelle les « costumes cravates », ces remplaçants qui ne rentrent que peu ou pas mais qui sont là, qui travaillent avec et pour vous, les titulaires, qui vous soutiennent et vous accompagnent. Je pense à vous, qui avez joué à 25 toute la saison, ce qui ne vous a pas laissé la possibilié de récupérer. Si on n’a pas l’esprit d’équipe, si on n’a pas cette envie de communiquer tous ensemble, si on n’a pas une volonté commune de ne faire qu’un, et bien, on n’arrive pas en demi-finale, on n’est pas l’un des 4 meilleurs clubs de Fédérale 2, on n’est pas le dernier représentant du Nord contre le Sud.  

Ensuite, que quand on donne tout, on fédère. C’est vous qui avez su faire naître ce formidable élan populaire que de mémoire de Beaunoise, on n’avait pas souvent vu. Des personnes aux grands cœurs se sont investies comme jamais pour vous rendre ce que vous nous avez offerts sur le terrain. Et ça, c’est une sacrée victoire. Mettre des étoiles dans les yeux des enfants quand on ne passe pas à la télé tous les week-end, quand on ne porte pas le maillot d’une sélection nationale sur les épaules, moi, je pense que cela n’a pas de prix. En plus de leur donner une leçon de vie en ne renonçant jamais, vous leur avez également donné une leçon de cœur.

Enfin, parce-que vous avez gagné le respect de tous. Celui de vos pairs, celui de vos adversaires comme Bédarrides hier et surtout celui de votre public. Et ceux qui sont parmi nous depuis quelques temps savent à quel point ce n’était pas chose aisée. Une victoire de plus à votre actif.

Sébastien Magnat, peu enclin à montrer ses émotions, vous a dit hier que vous étiez « un putain de groupe ». Ces quatre mots sortis de sa bouche résument 10 mois d’efforts, de sacrifices. Alors non, ce n’est pas la défaite d’hier qui remettra quoi que ce soit en cause. Parce-que vous avez été au bout de vous-mêmes. Vous avez tout donné et on ne doit avoir ni remord ni regret quand on donne tout.

Maintenant, l’heure va être au repos, aux soins, aux vacances, aux évènements heureux. Vous allez enfin pouvoir profiter de vos familles et de vos enfants. Car si vous avez fait des sacrifices, eux en ont fait aussi. Tout dans la vie n’est que travail d’équipe. Puis vous repartirez à l’assaut d’une nouvelle aventure qui a pour nom Fédérale 1. Mais avec encore et toujours cet état d’esprit qui sera, sans nul doute, votre marque de fabrique désormais. Alors, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de nouvelles belles réussites, d’autres moments magiques en sachant que maintenant, vous avez un public derrière vous.