CS Beaune VS CS Vienne: les réactions

04 Mars 2019 - Actu Equipe A

Avis à toutes les personnes présentes au stade hier. Le club pense investir dans un stock de pacemaker et autres défibrillateurs. Si intéressés, n’hésitez pas à nous laisser un message !

Blague à part, parce-ça fait quand même sacrément du bien d’en rire aujourd’hui, ce match entre le CS Beaune et le CS Vienne nous aura fait passer par toutes les émotions possibles. Et que dire des 5 dernières minutes …. Hitchcock aurait sûrement apprécié !

Il faut dire que l’affaire semblait quand même bien mal partie pour nos Beaunois. Si Lucet avait mis les bleus sur les rails avec un essai dès la 13e, la suite ne fut pas à la hauteur. Enormément sanctionnés, passifs dans le jeu, en mal de conquête, on avait du mal à reconnaître l’équipe qui avait tenu la dragée haute à Bourgoin il y a 15 jours. Et Vienne s’est fait un malin plaisir à pilonner tout ce petit monde et à profiter de la moindre faille pour inscrire pas moins de 3 essais. 7-19 à la pause, le score n’était en aucune façon volé pour nos amis Isérois qui avaient fait le jeu et le job.

On imagine sans peine que ça a dû pulser sévère dans les vestiaires. Car ce sont des bleus métamorphosés qui sont revenus sur la pelouse. Le ballon avait changé de camps : il serait beaunois ou ne serait pas. Devant, ça pousse et ça emmène, derrière ça relance et ça cavale. La remontée peut donc commencer avec une première pénalité de Kotze. Le premier essai de Nakalaigi à Jean-Guiral tombera 7 minutes plus tard, récompensant un superbe mouvement. Idem pour Kotze qui passera la ligne… quasiment sur le renvoi ! Et voilà le CS Beaune qui passe devant 22-19 ! Les « gros » de devant, énormes de présence, prennent possession des 10 mètres adverses mais Aanikid version « petit taureau qui fonce » ne parvient pas à concrétiser. Son comparse Quadiri en mode anguille lui aurait pu mais l’arbitre refuse l’essai. Il reste 10 minutes et coup de théâtre ! Alors que les bleus semblaient avoir le match en main, c’est le pilier viennois qui s’offre une percée de 40 mètres le long de la ligne de touche pour envoyer son 9 à dame. 22-26, et ce sont quelques mauvais souvenirs qui reviennent … Pas pour notre équipe qui se crée de jolis espaces. Lanny sort les cannes et c’est l’essai libérateur : 29-26.

7 minutes à tenir, ce sont 7 de trop comme dira Jérémy Bayle. Avec raison puisque Vienne qui tentera le tout pour le tout joue la pénaltouche dans les 5m beaunois. Là, j’avoue, on a arrêté de respirer, on n’a même pas regardé, on a trépigné voire limite on a pleuré. Et on a exulté en entendant le coup de sifflet final.

Car, ce qu’on n’avait pas encore dit, c’est que ce match était crucial dans la course au maintien. Il fallait ces 4 points coûte que coûte. Et ils sont allés les chercher à 22 joueurs, au bout d’eux même, parvenant à compenser une première période totalement ratée. On louera le travail de sape des avants, la vista des arrières. Un tel scénario, c’est ce qui fait la beauté de notre sport paraît-il. En tous cas, ça exacerbe les sentiments comme pourrait en témoigner le président Goichot qui rentra sur le terrain féliciter ses joueurs les larmes aux yeux. Et à tous ceux qui pourraient encore en douter, oui, mille fois oui, ce CS Beaune là mérite bel et bien son maintien dans l’élite amateur.

Sébastien Magnat (entraîneur) : « En première période, il se passe exactement l’inverse de ce qu’on voulait mettre en place. On est très indisciplinés, Vienne en profite pour mettre le rythme et nous mettre en difficulté sur tous les ballons portés. Le score à la mi-temps est logique vu notre manque d’engagement et de volonté. Mais on va faire une très belle 2e période, en mettant la main sur le ballon et sur le jeu. On fait tout mieux donc on prend l’ascendant. On parvient à utiliser les ballons et les lignes arrières. C’est une belle victoire car il fallait avoir le courage de revenir dans ce match que l’on savait très important pour nous. On doit être capable de garder ça car, plus on avance, plus on voit que c’est possible. »

Jérémy Bayle (3e ligne, capitaine) : « On connaissait les forces de Vienne, on savait qu’on devait faire un minimum de fautes pour ne pas leur donner de munitions. Et en première mi-temps, on a joué à l’envers. On s’est mis la pression tout seuls et on les a installés dans leur temps forts en étant défaillants en conquête. En 2e période, c’est nous qui avons su jouer sur nos points forts, à marquer des essais et ainsi faire la différence. On savait qu’en gardant la possession du ballon, on pourrait renverser la situation à notre avantage et du coup on a replacé la conquête. Aujourd’hui, on n’est plus très loin de l’objectif maintien. Sur les 4 matches qui nous restent, il nous faut prendre au minimum 5 points pour définitivement assurer notre présence en Fédérale 1 la saison prochaine. Mais il nous faudra batailler encore. Aujourd’hui, c’est une belle récompense pour le groupe. La chance n’a pas toujours été de notre côté, on est heureux que la réussite est enfin choisi notre camps. »

Rémi Cardon (3e ligne) : « On savait que ce match était capital. On n’a pas su mettre les ingrédients nécessaires en 1ère mi-temps et on a joué complètement à l’envers. On s’est fatigués à défendre, tout était vraiment bizarre.  On a pris une bonne piquette à la pause et on s’est ressaisis : il fallait revenir dans le match. On avait tous conscience que l’équipe était capable de beaucoup mieux. On s’est alors réveillés et on s’est envoyés. On a réussi à contrer Vienne en touche et en mêlée. Je pense qu’on mérite notre victoire mais on n’est pas au bout du chemin. On doit continuer à gagner. »

Seveci Nakailagi (ailier) : « Nous sommes vraiment très heureux de cette victoire. Dans les vestiaires à la pause, le coach nous a mis devant tout ce qui n’allait pas, en particulier les fautes. On n’avait pas fait les bons choix dans certaines situations. Dans ma tête, c’était clair : je devais marquer et je l’ai fait. C’est mon premier à Jean-Guiral. J’ai appris de mes erreurs, de mon plaquage manqué, c’est pourquoi j’ai tout fait pour jouer mon meilleur rugby. Maintenant, il faut encore gagner pour se maintenir définitivement. J’aimerai dédier cette victoire à ma famille car ma tante est décédée il y a quelques jours. J’ai joué en pensant à elle et à eux. »