Du rugby et des amis

09 Avril 2019 - Actu Espoirs Fédéraux 1

Drôle de parcours que celui de nos espoirs depuis leur arrivée dans le grand bain il y a quelques mois. Un apprentissage à plusieurs facettes : parfois dépassés, parfois nonchalants mais très souvent volontaires et surtout solidaires, tel est le portrait que l’on pourrait faire de ces jeunes.

Dimanche contre Vienne, ils avaient des choses à se faire pardonner comme un match aller où ils étaient totalement passés à côté par exemple. Et puis, il fallait oublier la lourde valise ramenée de Suresnes 15 jours plus tôt. Et les bleus ont réussi l’examen de passage haut la main.

Rentrés sur le terrain avec la volonté d’en découdre et de rester invaincus à domicile,  c’est dès le début qu’ils parviennent à mettre la main sur le match. Pourtant, les viennois en face n’ont pas donné leur part au chien. Plus solides physiquement, très véloces, plutôt rugueux au contact, on voyait que les espoirs n’allait pas avoir la vie facile. Mais pendant 20 minutes, les deux équipes vont se neutraliser au centre du terrain, sans créer de réels dangers dans les camps adverses respectifs. Il faut attendre la 22e pour voir Duband débloquer le tableau d’affichage sur pénalité. Aucun point encaissé pour nos jeunes, c’est déjà en soi une petite victoire. Et ça va continuer comme ça jusqu’à la mi-temps. Bien que solides en défense et retournant à tout va, les bleus vont céder juste avant la pause et encaisser le 1er essai. Pourtant, à 3-7 à la mi-temps, il n’y a pas péril en la demeure.

« On lâche rien et on avance », tel est le leitmotiv de la reprise. Et le CS Beaune conserve et avance. Ce sera Quinard qui, sur une belle course le long de la ligne, trouvera la terre promise. Une transformation de Billard plus tard et le score bascule à 10-3. Galvanisés et sentant qu’il y a un coup à faire, la troupe à Gilot ne lâche rien. Tous les efforts viennois sont contrés et on croit même au second essai beaunois par Serrigny qui s’échappe mais tombe sur un bloc de 3 joueurs. Plutôt dans devrait-on dire d’ailleurs. C’est peut-être là le tournant du match. En grande difficulté, le jeune ailier beaunois voit arriver les copains à la rescousse. Eclate alors une sacrée générale où mon cher ami sudiste aurait commenté par un « ça tombe épais ». Trois minutes qui semblent durer une éternité. Mais c’est comme un seul homme que tous répondent. Cela coûtera cher au CSB : expulsion de Serrigny et blessure du talonneur Dumartenot qui doit quitter le terrain définitivement.

A 14 contre 15, avec des visiteurs remontés comme des coucous et la tension générée, on a un peu peur que la petite avance des bleuets ne fonde rapidement. C’est sans compter la gnaque de nos joueurs en ce dimanche. Il y a aura victoire ou il n’y aura rien. Récupération du ballon dans leur 22 et Vincent, opportuniste en diable, s’offre une cavalcade de près de 60m pour s’en aller marquer. Billard transforme, on en est à 15-7 et il reste à peine plus de 10 minutes. On a de plus en plus envie d’y croire.

Mais Vienne aussi et ils camperont sur la ligne beaunoise. Alors que Mr l’arbitre fait défiler les arrêts de jeu, la défense bleue s’arrache à tout va. L’homme au sifflet décide alors d’accorder un essai de pénalité. Mais même à 15-14, la victoire reviendra bel et bien à nos courageux espoirs.

Car, il faut être honnête, Vienne avait toutes les cartes en main pour l’emporter. Ce qui a fait la différence, c’est tout simplement la solidarité et l’esprit d’équipe qui régnaient chez nos garçons en ce dimanche de pluie. Ils n’ont jamais, jamais rien lâché. Même dans les moments compliqués, même sous la pression, ils ont su limiter leur nombre de fautes pour ne pas se faire avoir bêtement. La volonté de gagner sur leur terrain et montrer que, malgré les difficultés, ils étaient capables d’exister à haut niveau. Si parfois au cours de la saison ils ont manqué d’ambitions, on peut néanmoins saluer le fait de n’avoir jamais baissé les bras alors que ça aurait été si facile. Ils n’ont pas l’expérience des grands rendez-vous, pas la même facilité que les autres équipes pour s’entraîner et surtout pas le même effectif qui leur permettrait parfois de souffler. Mais parfois, le rugby copains l’emporte sur le rugby jeu. Et quand on les voit, et beh, ça fait du bien !