Ephraïm Taukafa : « J’attends des joueurs qu’ils combattent sans compter "

07 Septembre 2019 - Actu Equipe A

S’il en est un qui a l’expérience des matches importants et des grands rendez-vous, c’est bien notre coach des avants Ephraïm Taukafa. Celui qui a participé à 3 coupes du monde avec le Tonga est arrivé l’année dernière au CS Beaune pour apporter à nos avants sa science de la mêlée. Et force est de constater qu’avec le maintien lors de la première année du club en Fédérale 1, ce travail porte pleinement ses fruits. A l’aube d’une nouvelle saison et d’un match haut en couleur face à Massy, « coach Epha » s’est confié sur son groupe et les ambitions du CS Beaune.

CSB : « Quel est votre regard sur la saison dernière ? »

ET : « Franchement, je suis très satisfait de ce qu’on a fait. L’objectif principal était le maintien, on s’est focalisé là-dessus pour l’atteindre. Les joueurs découvraient ou re-découvraient ce niveau. Il était donc important de ne pas se précipiter et laisser les choses se faire petit à petit pour réussir ce qu’on s’était fixé. Il était normal que tout ne soit pas parfait mais nous avons réussi. Aujourd’hui, les garçons ont appris, ils connaissent ce niveau et ils sont prêts. »

CSB : « Vous repartez avec un nouveau groupe. Après deux mois de vie commune, quelles sont vos impressions ? »

ET : « Il y a une super ambiance, tout le monde travaille pour se mettre au niveau. Nous avions besoin d’avoir plus de monde devant donc c’est sur ce secteur que nous avons le plus recruté. Il y a des jeunes à forts potentiels qui se mêlent à d’autres plus expérimentés. Nous allons pouvoir beaucoup travaillé mais surtout bien travailler. Il faut juste que les nouveaux s’adaptent à notre système de jeu mais comme tout le monde avance dans la même direction, c’est très facile. Franchement, ils m’impressionnent. Entre ceux qui ont faim de jouer et ceux qui ont l’expérience, cela fait vraiment une balance très intéressante. Je pense notamment à Save Tabakalagi qui amène tout son savoir d’ancien dans le pack ou à Pierre-Alexis Magne, un jeune qui a beaucoup de potentiel et qui, dans le futur, pourrait devenir un vrai leader. Mais tous ont faim de jouer et ça, ça me plaît énormément. »

CSB : « Un véritable échange inter-générationnel qui s’est ressenti pendant le stage de cohésion du week-end dernier ? »

ET : « Absolument. Il y avait une très bonne ambiance et un super état d’esprit dans un cadre magnifique, au bord d’un lac. Nous avons beaucoup travaillé la préparation et le physique pendant l’été donc nous avons décidé de faire le stage juste avant la reprise du championnat. Il était temps de laisser le rugby de côté, c’est aussi important pour le mental des joueurs. Tu dois toujours composer, tu ne peux pas te focaliser uniquement sur le rugby tout le temps car ça peut être dangereux. Au bout d’un moment, les joueurs risquent de se lasser et ça se ressentira sur le terrain. Le rugby est juste un sport, il y a des choses plus importantes dans la vie et passer des moments entre amis en fait partie. »

CSB : « Quelles améliorations allez-vous apporter par rapport à la saison dernière ? »

ET : « On travaille beaucoup le secteur de la touche. C’était déjà bien l’année dernière mais ça aurait pu être mieux et ça nous aurait permis de récupérer plus de ballons. En même temps, un coach a toujours envie de plus mais, je le répète, on ne doit pas se focaliser sur un domaine en particulier afin de ne pas se rater sur tel ou tel secteur de jeu. Je veux que chaque joueur, quel que soit son poste, prenne ses responsabilités. Quand il y a erreur, il est hors de question de blâmer l’un ou l’autre, on doit toujours penser collectif. Ce n’est jamais l’histoire d’un homme mais toujours l’histoire d’une équipe. »

CSB : « Vous êtes très proche du rugby néo-zélandais dont vous vantez très souvent les qualités. Est-ce un style de jeu ou un mode de pensée que vous souhaitez inculquer à vos joueurs ? »

ET : « Oui, j’ai envie de leur transmettre ce que moi j’ai appris en Nouvelle-Zélande. En France, tu ne dois pas jouer comme un robot. Jouer au rugby, c’est mettre sa personnalité dans son jeu afin de toujours produire plus. Nous coaches avons de très bonnes relations avec les gars. Quand ça devient vraiment dur, je suis là pour leur apporter mon expérience, pour les calmer un peu et leur dire que tout va bien aller. Par contre, ça ne m’empêche pas de les pousser et d’être toujours honnête avec eux, même quand ça signifie « gueuler » un peu, voire même beaucoup. Avec moi, c’est tout blanc ou tout noir, le gris n’existe pas ! (rires) »

CSB : « Quelles sont vos ambitions pour cette seconde saison en Fédérale 1 du CS Beaune ? »

ET : « Je suis sûr que nous avons le groupe pour faire mieux que l’année dernière. Nous savons maintenant que nous avons l’équipe pour nous maintenir, ce qui reste bien sûr l’objectif premier. Mais nous pouvons regarder plus haut mais toujours « step by step ». Il y a des leaders qui sont là pour rassembler et apporter leur expérience mais l’essentiel sera que chacun se respecte et travaille les uns pour les autres pour assurer une saison qui sera longue. On a un gros groupe et on aura besoin de tout le monde. »

CSB : « Et comment abordez-vous le match de dimanche contre Massy ? »

ET : « J’attends des joueurs qu’ils combattent sans compter. Quand tu es joueur de rugby, tu te dois d’être toujours dans le challenge. Massy sera justement pour eux l’occasion de se montrer. Dimanche, j’ai envie de voir où tout le monde se situe, de voir les choses arriver car je suis sûr qu’on a le groupe pour y aller. Je me fiche de savoir qu’on commence par Massy ou par un autre, le plus important est de faire un bon match pour lancer notre saison. On ne fera pas attention à notre adversaire, on se concentrera sur notre jeu, sur notre équipe et sur rien d’autre. J’ai juste hâte de les voir jouer, de voir ce groupe évoluer et aller vers un nouveau challenge. »