Karim Qadiri " Que le meilleur gagne "

05 Septembre 2019 - Actu Equipe A

Débuter le championnat en accueillant l’un des ogres de cette saison de Fédérale 1, à savoir Massy, sur notre pré champêtre de Jean-Guiral, on ne pouvait rêver mieux pour lancer le CS Beaune ! Une rencontre qui aura sûrement une saveur particulière pour notre ailier Karim Qadiri, formé à la sauce massicoise pendant de nombreuses années.

CSB : « Massy représente une longue partie de ta vie rugbystique ? »

KQ : « Oui, car c’est là-bas que tout a commencé pour moi. Je suis rentré à l’école de rugby quand j’avais 6 ans et j’en suis parti à la fin de la saison 2015-2016. J’ai donc porté leurs couleurs pendant 14 ans. Lors de ma dernière année, le club venait de redescendre en Fédérale 1 pendant que moi, j’évoluais en espoirs. Le club n’a pas réussi à remonter et ne comptait pas sur moi pour le faire, j’ai donc choisi de partir au Stade Français. »

CSB : « Quels souvenirs gardes-tu de ces 14 années ? »

KQ : « Mes meilleurs souvenirs sont avant tout humains car c’est là que j’ai trouvé tout mon réseau d’amis, enfin je peux même dire mon cercle d’intimes. On a tous commencé le rugby ensemble et on ne s’est plus jamais quittés. En parallèle, on participait tous à la classe sportive mise en place par le partenariat entre notre collège et le club. Ca fait que nos liens ont été renforcés. »

CSB : « On dit souvent que Massy représente l’excellence en terme de formation. Quel est ton regard là-dessus ? »

KQ : « La grande force de Massy, en tous cas quand j’y étais, c’est qu’ils savaient aller chercher des gamins qui ne pensaient pas du tout rugby. Ils savaient attiser leur curiosité pour les faire venir. Quand tu as des enfants déjà très avancés athlétiquement ou qui ont la fibre rugby, il suffit de pas grand-chose pour les pousser et les faire avancer afin d’en faire des joueurs d’excellence. »

CSB : « Tu penses à quelqu’un en particulier ? »

KQ : « Oui plusieurs, ça a commencé avec Alain Gazon qui était un des piliers du club. Il faisait toutes les interventions scolaires au niveau des primaires et savait faire naître des vocations. Il a ainsi ramené énormément de joueurs. Et ça s’est poursuivi avec d’autres membres du club comme Bruno Ghiringhelli.

CSB : « Il est certain que, pour fidéliser un enfant, l’éducateur est primordial ? »

KQ : « A Massy, je n’ai jamais eu aucun problème avec tous les éducateurs que j’ai pu avoir. On sent qu’ils sont passionnés par ce qu’ils font. Il me semble qu’il y a encore au club certains éducateurs que j’ai eu en U7, U9 et U11 et c’est ce qui fait la différence. Quand tu as en face de toi un mec qui arrive à te transmettre sa fibre et sa passion, ça matche automatiquement. C’est grâce à cela qu’on n’était loin d’être ridicules sur la scène régionale voire même nationale. Même à 10 ans, ils arrivaient à faire naître un collectif. On avait tous envie de partir à la guerre ! Ce sont vraiment les souvenirs les plus marquants qu’ils me restent de cette époque. Quand on se revoit avec mes amis, il y a forcément un moment où ça va revenir sur le tapis. Ca et les confrontations avec nos « ennemis de l’époque » qu’étaient le PUC et Orsay (rires). »

CSB : « Cela a perduré quand tu es arrivé dans les catégories supérieures ? »

KQ : « Cette mentalité a suivi quand j’étais en U16/U18 mais on commence forcément à être plus exigeant et un tri se fait. On tend plus vers la performance, on fait la différence entre qui est là pour s’amuser et qui est là pour réussir à faire quelque chose dans le rugby. Massy va vraiment s’attarder à aider ceux-ci. Ce qui est bien, c’est que la décision vient naturellement du jeune joueur et non de l’entraîneur. C’est toi qui fais ton propre choix et je trouve ça plutôt humain. »

CSB : « As-tu continué à regarder Massy après ton départ ? »

KQ : « J’ai continué à suivre le club, bien sûr moins régulièrement que quand j’y étais, mais j’essayais toujours d’aller voir jouer de temps en temps mes potes qui étaient restés. Ça me fait plaisir de voir les amis que je me suis fait au fil des ans jouer aujourd’hui avec les pros. Par contre, de ma génération qui a démarré en U7, il me semble que nous ne sommes plus que deux ou trois à évoluer à bon niveau. »

CSB : « Parlons de Massy version 2019-2020. Comment les vois-tu ? »

KQ : « C’est une équipe qui redescend de Pro D2 donc ils feront forcément figure d’ogre de la poule. Mais tu as deux solutions : soit tu les vois comme l’équipe de Pro D2 et tu te mets une pression inutile soit tu les vois comme une équipe comme les autres et tu joues au rugby. Pour l’instant, c’est une très grosse équipe qui arrive à Jean-Guiral mais, en ce qui me concerne, il est hors de question que je me mette la pression à stresser en allant regarder et analyser leur effectif. »

CSB : « Les jouer lors du tout premier match de championnat, bonus ou malus ? »

KQ : « Bonus bien sûr mais tous les matches sont du bonus. On joue un match de rugby, c’est tout. Il faut arrêter de se focaliser sur ton adversaire mais plutôt sur toi, sur ton équipe, sur ce que tu es capable de faire ou ne pas faire et advienne que pourra. Cela dépendra du jour, de ton humeur de ton état. C’est juste un match alors que le meilleur gagne. Si c’est nous tant mieux, si c’est eux, tant pis. Il sera bien temps de compter les points en temps et en heure à la fin de la saison. »

CSB : « Mais est-ce que tu abordes quand même ce match un peu différemment en tant qu’ancien massicois ? »

KQ : « Mon aventure avec Massy ne s’est pas terminée de la meilleure des façons mais ce n’est pas grave puisque j’ai pu continuer à faire ce que j’aimais, à savoir jouer au rugby. Je n’ai pas trop envie de prendre ce match trop à cœur parce-que je veux me préserver. Si je suis trop dans la revanche, je risque de passer à côté de mon match et ça, je le refuse. Je me suis trop longtemps focalisé sur mes résultats plutôt que sur mon plaisir de jouer. C’est là que je vois que j’ai vraiment évolué depuis l’année dernière. Jouer à Beaune m’a fait du bien, ça m’a apaisé et dans le rugby et dans ma vie de tous les jours. »

CSB : « Cela nous permet de terminer en parlant du CS Beaune. Comment vois-tu cette nouvelle saison qui se profile ? »

KQ : « A titre personnel, ce sera de continuer sur ma lancée de l’année dernière parce-que j’ai pris énormément de temps de jeu et c’est ce que j’étais venu chercher en signant à Beaune la saison passée. Et je suis reconnaissant au club et au staff de m’avoir donné cette opportunité. Au niveau du collectif, ce sera de finir au moins aussi bien que l’année dernière voire mieux en accrochant la 6e place. Comme on a conservé un bon noyau de joueurs, les recrues sont rentrées dans le groupe très naturellement. Du coup, comme ça se passe très bien en dehors, je trouve qu’on avance plus vite rugbystiquement que l’an dernier sur le projet de jeu. »

CSB : « Aurais-tu un petit mantra à nous confier qui s’appliquera et au match de Massy et au reste de la saison ? »

KQ : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu »