Kevin Boudot : " Transmettre est une autre manière de vivre le rugby "

23 Août 2019 - Actu Equipe AU16

Quatre ans déjà que Kevin Boudot a rejoint les rangs du CS Beaune pour l’aider à atteindre, à cette époque, son objectif de Fédérale 1. Mais, outre avoir réalisé cet objectif sportif, notre pugnace demi-de-mêlée a aussi fait son petit bonhomme de chemin en tant qu’homme du rugby. Lui qui, il y a 4 ans, prenait en charge la catégorie U12 sans réellement savoir ce qu’être éducateur voulait dire, est aujourd’hui une des pierres indispensables de la formation beaunoise pour tous nos jeunes. Et cette année 2019-2020 ne fera pas exception à la règle puisqu’au moins 3 voire 4 challenges s’offrent à lui. Rencontre avec un homme qui a grandi, comme il le dit lui-même, et dont l’investissement au sein du CS Beaune est de plus en plus important au fil des ans.

Après un an de U12 et deux avec les U14, ce sont maintenant les U16 qui attendent Kevin Boudot. Mais pas que …. Rajoutez à cela des interventions avec le centre de perfectionnement, gestion et interventions sur les classes à horaires aménagées rugby du Saint-Coeur, et bien évidemment, l’organisation du tournoi des 3B qui n’est ni plus ni moins que son projet de fin de diplôme ! Hyperactif vous avez-dit ? « Personnellement, je trouve cela cool d’être autant occupé. Surtout mon implication de plus en plus forte s’est faite naturellement au fil des années. Je ne me force pas, je ne le fais pas parce-que ça doit se faire mais juste parce-que j’aime ça. Ça permet de ne pas s’enfermer dans le rugby pur et dur. Avant, je ne pensais que rugby, je ne vivais que rugby et je m’aperçois aujourd’hui que ce n’est pas forcément une bonne chose. M’impliquer avec les jeunes et prendre de plus en plus de responsabilités m’ont permis de m’ouvrir aux autres et surtout de communiquer avec un panel de personnes différentes les unes des autres. »

Et nous sommes plutôt contents de pouvoir assister en direct live à cette « éclosion ». Mais c’est vrai qu’on oublie que Kevin est arrivé jeune au club : « Je sais bien que j’ai toujours eu une tête de vieux mais je n’avais que 22 ans quand je suis arrivé à Beaune (rires) ! Que mon évolution ait été progressive est une très bonne chose car, il y a 4 ans, j’étais trop jeune pour appréhender cette partie. Et puis, j’ai pris mes marques, j’ai joué tous les matches pendant 3 ans sans une blessure. J’ai pris mes marques, les gens me connaissent vu que je suis tout le temps au stade. Et mon année de BPJEPS n’a fait que renforcer cette envie d’entraîner. En fait, tout ce que je fais me conforte dans ce choix de carrière, à savoir transmettre. »

Mais pour cela, il ne faut pas rester figer. Et c’est pourquoi c’est un nouveau défi qui attend Kevin Boudot avec le rôle d’entraîneur des U16 Beaune/Seurre/Verdun : « Oui, c’est un groupe que je connais puisque j’en ai eu beaucoup en U12 et en U14 mais ce n’est pas le plus important pour moi. C’est de voir leur évolution au fil des ans et s’ils ont retenu tout ce qu’on a pu leur apprendre jusqu’à présent. C’est nouveau pour moi aussi puisque pour la première fois, j’encadrerai sur un vrai match sec, vu que l’an dernier, nous étions en triangulaire. Et puis, avec l’entente, nous allons avoir un groupe de joueurs plutôt conséquent. Mais nous sommes trois avec Vincent Besson et Clément Martin pour encadrer donc je ne suis vraiment pas inquiet. Le fait d’être avec Vincent, qui vient d’arriver au club, est une bonne chose car comme on se voit beaucoup plus souvent, cela renforce notre cohésion au niveau du groupe premier. Et puis, c’est un franc-comtois, donc on ne peut que former un bon tandem!  »

Alors à quoi ressembleront les cadets « made in Boudot » ? « Déjà non, il n’y aura pas spécialement de patte Boudot. Par contre, et c’est une nouveauté, nous allons essayer d’inculquer aux U16 les mêmes codifications que l’équipe une afin d’avoir une uniformisation des U16 aux espoirs. O veut leur donner un fil conducteur mais adapté en fonction de leur catégorie. Ils vont aussi connaître les premières vraies touches, les sauts, les lifts. On passe sur 2X35 minutes là où ils ont été habitués à jouer 2x10 ou 2X15. Ils rentrent dans un rugby adulte, avec un vrai contexte de match, un véritable arbitre, de vrais commandements en mêlée. Ils deviennent plus matures. Le rugby qu’ils vont commencer à pratiquer en U16 est celui qui va les suivre les prochaines saisons, il n’y aura plus de changement. »

Mais, si il ne veut pas parler de patte Boudot, nous, parce qu’on est têtus, nous parlerons de pied Boudot car on oublie parfois que Kevin est aussi un botteur qui continue régulièrement à s’entraîner à cet exercice : « Jaun (Kotze NDLR) le fait tellement bien en match que je ne vais pas aller lui piquer la place (rires). Mais, c’est sûr que le tir au but est une arme importante, c’est ce que qui peut te faire gagner un match à la dernière minute. Chaque coup de pied est important donc oui, il y a des chances que je sois très exigeant sur ce point. La présence de Clément qui va prendre en charge les lignes arrières va me permettre de mon concentrer sur la charnière ce qui est un luxe par rapport aux années précédentes. Vincent sera bien sûr dédié à la mêlée. De toute façon, si on veut faire progresser les jeunes, le jeu au poste est indispensable. Notre rôle,  à nous entraîneurs, est de les préparer le mieux possible pour être sûrs qu’ils y arrivent. »

Et pour cela, pas de pression ni de contrainte de résultat : « Il n’y aura pas d’objectif en termes de résultat du moins pour le moment. On fixera ça en fonction de la poule et du calendrier car, quand on est compétiteurs, on doit avoir des objectifs. Mais, ça serait trop facile que cela ne vienne que des entraîneurs. Le joueur doit définir ses propres objectifs, à la fois individuellement et collectivement. Ce que je veux, c’est que ce soit une belle année de cohésion, que les jeunes aient envie de continuer le rugby et à Beaune, bien entendu. Je n’ai aucune crainte mais au contraire que du plaisir à moi-même évoluer et à les voir évoluer. »

Mais cette belle année ne sera pas uniquement valable pour Kevin Boudot entraîneur U16ù mais également pour le Kevin Boudot joueur. Et pour l’instant, cette présaison de deuxième année en Fédérale 1 ne se passe pas trop mal : « Le ressenti est vraiment très bon en termes d’état d’esprit. C’est génial de voir que tout le monde est rentré dans le moule aussi vite. Les entraînements sont sérieux et disciplinés et le match amical de vendredi dernier a montré qu’on était sur la bonne voie. On en veut, on est motivés mais attention surtout à ne pas prendre la poule de haut sous prétexte qu’il y a 4 promus surtout qu’il y a du beau monde entre le champion de France de F2, le vice-champion et le demi-finaliste . De toute façon, quand tu termines dans le dernier carré de Fédérale 2, c’est que tu es apte à jouer en Fédérale 1. L’an dernier, nous étions 3 et tout le monde s’est maintenu donc restons humbles, c’est indispensable. On a coutume de dire que la seconde saison est plus compliquée parce-que maintenant, on nous connaît, nous ne serons plus le petit. Notre objectif sera de nous maintenir avant les trois premières journées afin de pouvoir envisager d’aller voir un peu plus haut que la saison dernière, où nous nous sommes faits peur un grand nombre de fois pour finalement s’en sortir la tête haute. »

Et puis, on sent que cette Fédérale 1 convient à notre demi de mêlée vu ses prestations l’an passé : « Je ne sais pas si c’est un niveau qui me convient mieux que la Fédérale 2 mais en tous cas, c’est un niveau qui me plaît et où j’aime jouer. En Fédérale 1, tu n’as pas le droit de te relâcher. Ton statut ne définit pas ton niveau. Moi, ce que je souhaite pour cette saison, c’est de prendre un maximum de temps de jeu et un maximum de plaisir. »