La triple casquette de Thomas Lanny

08 Août 2019 - Actu Equipe AU8

Thomas Lanny entame cette année sa 4e saison au CS Beaune. Et celle-ci ne sera pas de tout repos puisque notre jeune ailier de 24 ans n’occupera pas moins de 3 fonctions. Entre préparateur physique en musculation de l’équipe première, entraîneur des U18 et bien évidemment joueur, notre « monsieur essai » aura un emploi du temps bien chargé.

Il faut savoir que Thomas est titulaire de deux diplômes : un BPJEPS mention sports co rugby qui lui permet d’entraîner et un BPJEPS AGFF (Activités Gymniques de la Forme et de la Force) en mention musculation. Et il n’a pas l’intention d’arrêter là : « Mon activité professionnelle s’étant arrêtée, j’avais l’intention de passer le DE (Diplôme d’Etat) cette année. Mais, n’ayant pas eu le temps de m’y préparer comme je le souhaitais, je n’ai pas réussi les épreuves écrites. Ce n’est que partie remise, je compte bien me représenter afin de préparer mon avenir et me donner une chance supplémentaire dans le monde du rugby. »

Et comme il se retrouvait avec du temps libre devant lui, c’est tout naturellement qu’il a repris un rôle qu’il occupait déjà il y a deux saisons : « Tout est parti d’une demande des joueurs qui souhaitaient être plus guidés lors des sessions de musculation. L’an dernier, cela se faisait en totale autonomie, on a simplement voulu redonner un cadre pour qu’ils se sentent plus accompagnés. Par contre, je ne m’occupe que de cette partie et pas du tout des entraînements terrain. De plus, cela faisait partie des volontés du club dans son objectif de professionnalisation et de structuration. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté de reprendre ce rôle. »

Mais, s’il est là pour aider et accompagner, il reste avant tout un coéquipier : « Moi, je suis joueur avant tout. Je ne suis pas là pour prendre la tête aux mecs ou leur donner des ordres. Je leur fournis un programme d’entraînement mais chacun est libre d’agir comme il le souhaite. S’il ne veut pas s’investir, c’est son problème. Je suis un guide, une aide et un support mais en aucun cas un flicaillon. Il ne faut pas oublier que ça pourrait compliquer nos relations sur le terrain et ça, c’est hors de question car le plus important reste l’entente sur le terrain. Mais cela se passait très bien il y a deux ans, il n’y a aucune raison que cela change cette année. »

Le but est très simple : donner à chacun le moyen d’être meilleur sur le terrain et surtout d’être physiquement prêt. Et Thomas Lanny a déjà bien bossé dans ce sens : « Tout est déjà programmé jusqu’à la fin de la saison. Après, bien sûr, je m’adapterai en fonction des blessures et de ce que les joueurs pourraient me demander. Si l’un d’entre eux me dit que ça ne va pas, qu’il est cuit au bout de la 30e minute de match, je prendrai le temps d’identifier son problème et de travailler avec lui en fonction. »

Ensuite, nous aurons le Thomas Lanny entraîneur. Après les U12 il y a 3 ans, le voici désormais en charge des U18. Un assez grand écart : «  C’est vrai que c’est un petit peu l’inconnu vu que je n’ai jamais travaillé avec cette catégorie. Mais mon seul but est que les jeunes progressent. C’est à eux de savoir ce qu’ils ont envie de faire. S’ils ont envie de bosser et de jouer de manière à intégrer l’équipe senior qui joue en Fédérale 1 alors on sera d’accord. Mais je comprends aussi parfaitement aussi ceux qui n’ont pas cette ambition et qui ont juste envie de jouer au rugby pour s’amuser avec les copains. Tant que les entraînements restent sérieux, je n’ai aucun problème avec ça et je serai aussi là pour les accompagner. Mais le but premier reste de faire des juniors d’aujourd’hui les seniors de demain. »

Le néo-coach a d’ailleurs un peu de mal à comprendre certains départs : « Partir pour partir, je trouve ça stupide. Au CS Beaune, on travaille vraiment pour en faire des bons joueurs de rugby mais aussi des hommes. Pour cela, il ne faut pas hésiter à dire ce qui va et ce qui ne va pas. Il existe un contrat moral entre les jeunes et leurs entraîneurs. Les mots d’ordre seront échange, communication, boulot mais aussi plaisir, plaisir d’aller à l’entraînement et plaisir de jouer. »

Et enfin, ce qui est sans nul doute possible la partie la plus importante plus lui, il y a Thomas Lanny joueur. Car sa saison 2018-2019, tronquée par une pubalgie qui l’a tenu éloigné des terrains de juin 2018 à janvier 2019, ne restera pas gravée dans sa mémoire : « Je l’ai vraiment très mal vécu. C’était la première fois que j’étais blessé aussi longtemps depuis que je joue au rugby. Le pire, c’est qu’on se pose énormément de questions auxquelles on ne peut apporter aucune réponse. Franchement, j’aurai préféré me casser les deux jambes ou les deux bras parce-que là, j’aurai su quand ça commençait et quand ça finissait. Maintenant, c’est passé et j’espère vraiment que c’est définitivement derrière moi. Là, je suis plus que content d’avoir pu démarrer la prépa dès juillet ! ».

Nous aussi avions pris la pleine mesure de la souffrance de notre ailier de ne pouvoir jouer si longtemps. Et lorsqu’il a refoulé les terrains pour la première fois avec les espoirs à Jean-Guiral contre Suresnes, nous étions aussi heureux que lui surtout qu’en marquant un doublé, il a permis la victoire de l’équipe : « Personnellement, ce qui m’a fait le plus plaisir ce jour-là, ça a été de retoucher le ballon. Mais, ma plus grosse fierté, a été la victoire de ce groupe parce-que c’était leur première de la saison. Je suis très fier d’avoir participé à cela même si, honnêtement, j’étais hors de forme avec seulement de la muscu et deux entraînements terrain dans les pattes. Mais, je n’ai ressenti aucune douleur ce qui était le plus important. »

Du coup, il est réintégré de suite dans le groupe de l’équipe première. Et s’il ne joue pas contre La Seyne, on se rappelle encore de son coup d’éclat contre Bourgoin, dans l’antre de Pierre Rajon : « J’avoue que le fait d’être dans le groupe pour le match contre La Seyne mais de ne pas rentrer m’a beaucoup frustré. Mais dès le match suivant, je marque et là tout allait mieux et redevenait normal (rires) ! Ensuite, l’essai contre Bourgoin à Bourgoin au bout d’1m32 de jeu a été un grand moment parce-que je revenais vraiment de loin. »

C’est donc plein d’ambitions légitimes que Thomas Lanny aborde cette deuxième année du CS Beaune made in Fédérale 1 : « On va tout faire pour se maintenir plus tôt dans la saison que l’an dernier tout en prenant un maximum de plaisir sur le terrain. Si tout cela est réuni, cela sera une belle saison. »