Momo Imani ou la force en avant

17 Mai 2018 - Actu Equipe A

Vous l’entendrez très rarement s’énerver ou tout simplement s’exprimer sur le terrain. Par contre, si vous entendez un gros « boom », c’est généralement que Mouhamadi « Momo » Imani est passé par là. Depuis 7 ans, il a marqué la pelouse de Jean-Guiral de nombreux, nombreux plaquages. A 31 ans et à l’instar d’un Thom Boccon ou d’un Karim Malek, il a presque tout connu au CS Beaune. Et sa fidélité pourrait bien être récompensée un certain 27 Mai …

C’est en 2004 que notre pilier/3e ligne arrive en métropole après avoir découvert le cuir à Mayotte. Il pose ses bagages d'abord à Cluny puis à Tournus, club auquel il restera fidèle jusqu’en 2011 : « Je suis quelqu’un de parole. Malgré des propositions intéressantes, j’avais dit au coach Soufflot que je resterai pour aider Tournus à monter en fédérale 3. Quand le contrat a été rempli et à force d’entendre que j’avais les capacités pour jouer plus haut, j’ai tenté l’aventure à Beaune où deux de mes amis, Fabien Rodet et Christophe Gauthier évoluaient déjà. Je n’avais pas de famille ici pour m’aider à faire mes choix, du coup, j’ai fait mon chemin tout seul. J’ai donc rencontré le Dec (Cédric Descaillot) et c’est comme cela que tout a commencé ici. Et même s’il m’est arrivé d’avoir l’occasion de jouer plus haut, à un moment où j’étais blessé, j’ai choisi de rester. »

Et il n’a jamais regretté son choix : « En signant à Beaune, je ne pensais pas tomber sur un club qui bougeait autant, je n’avais jamais connu ça. Je me rends compte aujourd’hui qu’il y a eu beaucoup d’évolutions. J’ai évolué avec beaucoup de joueurs, des bons, des moins bons, des excellents, des expérimentés mais aussi des exemplaires qui m’ont marqué et beaucoup tiré vers le haut, comme Greg Trotignon et Julien Carraud hier ou Jérémy Bayle aujourd’hui. Ce sont des personnes qui m’impressionnent toujours car ils ont cette capacité de s’impliquer pour eux mais surtout pour l’équipe. Ca m’a toujours interpellé de voir leur sérieux et leur implication. Moi qui n’avais jamais fait de musculation, je me suis senti obligé de m’y mettre vu le niveau d’investissement de ces joueurs- là. »

Avec ses 1m76 et 100 kilos, Momo Imani ne recule pas souvent sur le terrain. On peut même dire que sa puissance aide pas mal mais pourtant, malgré l’expérience acquise au fil des années, il ne se définit absolument pas comme un leader : « Sur le terrain, je ne suis pas un gros meneur mais j’essaie de porter l’équipe vers l’avant. Il est évident que je ne vais pas jouer au pied ou traverser tout le terrain ballon en main mais je vais faire tout mon possible dans le combat, les rucks ou les phases statiques. Je suis plus dans la motivation que dans la parlote. Si on encaisse un essai, je suis du genre à tout faire pour aller en marquer un derrière. J’aime encourager, jamais engueuler. »

Avec le CS Beaune, il a connu beaucoup de choses, des joies comme des déceptions. Mais pour lui, il se passe quelque chose cette année : « Cela fait longtemps qu’on n’a pas eu un groupe aussi complet, avec autant de talents surtout derrière. On fait de supers choses malgré un effectif réduit. Alors oui, à titre personnel, je suis un peu fatigué parce-que j’ai enchaîné les matches mais je suis plus motivé que jamais à franchir ce 2e tour des phases finales, chose que l’on a jamais réussi à passer jusqu’à présent. Je veux effacer la déception vécue à Niort et la demi-déception de l’an passé à Châteaurenard où on aurait pu aller plus loin ».

Et à sa voix, on peut sentir que ces phases finales sont un moment important : « Par rapport à ces sept dernières années, je pense vraiment que c’est l’année ou jamais. Les phases finales, c’est toujours particulier : la météo et les terrains évoluent, il y a de l’ambiance, du beau jeu. Par contre, quand j’entends certains parler de match de la montée, ça me surprend. Il faut prendre les matches les uns après les autres et ne pas oublier qu’il faut encore en gagner deux. Il y a plein d’exemples d’équipes qui se sont fait avoir à ce niveau de la compétition. A nous de rester concentrés sur notre objectif. On va affronter une belle équipe de Beauvais, très solide et difficile à jouer chez elle. Mais en restant solidaires comme on a su l’être depuis le début, on va tout faire pour l’emporter. »

Alors, même s’il ne parle pas beaucoup, on peut compter sur Momo Imani pour porter les troupes vers l’avant. Et ajouter ainsi un magnifique épisode à son film rugbystique.