Opération maintien réussie

08 Avril 2019 - Actu Equipe A

La passion, c’est une arme à double tranchant. Ca emballe, ça « adrénalise » autant que ça peut stresser, voire faire mal. Ce match contre Bédarrides, nous l’attendions avec une impatience mêlée de crainte. Car l’avenir du CS Beaune se jouait à 90% sur cette rencontre. Et ce n’était pas seulement l’équipe qui était impliquée mais également tout un club derrière, dirigeants, bénévoles et supporters. Tous ensemble n’était en aucun cas une expression galvaudée.

Mais nous, à part hurler et avoir les tripes nouées, on ne pouvait malheureusement pas y faire grand-chose. C’était aux 23 sur le terrain de faire le job, pas d’autre solution. Et si les 10 premières minutes ont pu nous faire douter, les 70 qui ont suivies n’ont été que bonheur. Pour la première fois depuis deux mois, nos bleus ont épargné nos nerfs en mettant la main sur le match du quasi début jusqu’à la toute fin. Merci à eux pour cela aussi !

Avec tout le respect que l’on doit à Bédarrides, à l’exception d’un drop claqué au bout d’une minute, ils n’ont jamais eu les moyens d’exister dans cette partie. La faute à des bleus enjoués et en jambes, qui se sont approprié le ballon pour ne quasiment jamais le rendre. Tout a marché comme sur des roulettes : mêlées, touches, conservation, libération et solidarité. Ils ont joué à 23, ils ont gagné à 23. Et quand ils fonctionnent comme cela, et bien pas grand monde ne peut les arrêter.

Et c’est d’ailleurs la famille qui envoie Thomas Genevois marquer le 1er essai de la rencontre et le dernier de sa carrière à Jean-Guiral. Devait-on y voir le symbole d’une journée qui s’annonçait réussie ? Non car inutile de tomber dans la « gnognoterie ». C’était simplement le signe que toute l’équipe allait s’employer à aller chercher le meilleur résultat possible. Avec un Kotze en mode Mr 100% (27 points dont un essai à lui tout seul), des Boudot, Boccon et Qadiri à la conclusion de très beaux mouvements derrière la ligne, des avants qui s’y filent, des arrières qui cavalent, les sudistes verts et noirs ne pouvaient rien faire.

C’était écrit que le CS Beaune gagnerait son maintien sur son terrain devant son public comme il avait gagné la montée il y a presque un an. D’ailleurs si nous (enfin moi) paniquions un peu trop à l’abord de cette rencontre capitale, les joueurs eux avaient confiance. Comme un certain 3e ligne du nom de Rémi Cardon qui me confiait la veille « On passera au moins 40 points ». Certes mais bon, un excès de confiance, c’est jamais trop bon non plus.

Au lendemain de la victoire, je fais donc mon mea-culpa et promet d’écouter la prochaine fois qu’on me dira quelque chose. Il y a encore quelques mois, peu de personnes croyaient aux chances du CS Beaune d’exister en élite amateur (d’ailleurs spéciale dédicace à l’inconnu d’il y a quelques mois. Allez sans rancune et bizoux de moi). Le talonneur Simon Fourot le disait lui-même à sa sortie du terrain « Je voudrais bien savoir qui aurait parié un kopeck sur nous en début de saison »

Plus que tu ne le penses et moins qu’on aurait aimé. Mais dans un sens, cela leur a peut-être rendu service à nos bleus. Je reste convaincue que c’est dans l’adversité que l’on se révèle. Ils avaient tout à prouver et ils l’ont fait, avec application et implication, sans rien devoir à personne d’autre qu’à eux-mêmes. Il a fallu faire fi des occasions manquées, des matches perdus de peu, des prestations où ils sont parfois passés à côté. Mais au final, ils sont là et bien là, forts d’une expérience qui leur servira dès la reprise dans quelques mois.

En attendant, on peut tous savourer ce moment et ce sentiment du devoir bien accompli. Sans oublier qu’il reste un match à jouer. Ce sera sur le terrain de Villeurbanne dans 15 jours. Mais les bleus iront en terre lyonnaise débarrassés de toute forme de pression. Enfin l’occasion de jouer un match juste pour le plaisir du ballon, de signer une victoire pour la beauté du geste, du jeu et de ce collectif qui a quand même envoyé du bois pendant 8 mois. Bref, libérés, délivrés comme dirait qui vous savez.

En attendant ce dernier match, on peut une fois de plus féliciter les joueurs et le staff. A nous aussi ils ont appris quelques leçons. C’est comme ça que petit poucet deviendra grand.