Portrait de coach : Toni Grle

03 Octobre 2018 - Actu Equipe AU16

Cela fait maintenant 3 saisons que Toni Grle fait partie de la famille CS Beaune. Arrivé chez nous à 20 ans, force est de constater que le jeune homme a énormément progressé. Et même en langue française !

Car Beaune fut le premier club étranger de notre croate bourguignon : « J’avais 9 ans quand j’ai commencé le rugby en Croatie, chez moi, à Makarska. Il faut bien dire que ce n’est pas le sport le plus populaire de mon pays mais mon père et tous mes oncles jouaient au rugby. J’ai donc choisi de faire comme eux et je suis tombé amoureux de ce sport. Cela m’a amené jusqu’en équipe nationale à 19 ans, lorsque je jouais pour Zagreb. »

Et c’est par passion et par envie de progresser qu’il arrive en France : « M’expatrier était le seul moyen de m’améliorer et d’essayer de voir plus haut. Tout était différent ici, je me suis rendu compte que le niveau de l’équipe nationale était le même qu’en Fédérale 2. Nous n’avions pas de coaches pour nous aider à nous entraîner. Je peux presque parler de monde parallèle. »

Et ce n’est pas sans rapport avec ce qui nous amène aujourd’hui. Depuis la reprise de Septembre, Toni est devenu coach des U16, une grande nouveauté pour lui mais un rôle dans lequel il s’investit pleinement : « Devenir éducateur, ce n’était pas dans mes projets, je ne l’avais jamais envisagé. Et puis, quand on me l’a proposé cette année, j’ai dit oui tout de suite. Franchement, l’idée m’a enthousiasmé. J’essaie de leur apprendre que le rugby reste un jeu, qu’on n’est pas obligés de gagner tout le temps mais que par contre, il est vraiment important de s’entraîner. Même si tu ne réussis pas, tu dois tout faire pour malgré tout y arriver. Dans notre sport, il n’y a pas de place pour la tricherie. »

Et il s’est très vite investi avec les jeunes, s’appliquant à leur apprendre ce que lui-même a appris : « J’ai vraiment progressé ici. Sauter en touche est devenu mon dada. J’ai réussi à m’améliorer dans tous les secteurs techniques, surtout balle en main mais également en tactique et en stratégie. Et surtout, j’ai travaillé ma discipline car au début, je prenais beaucoup de cartons. Aujourd’hui, je ne me fais plus sanctionner et je suis vraiment content d’être arrivé à ce résultat. Même si je peux parfois être encore un peu nerveux, je vais de l’avant et j’essaie de ne jamais regarder en arrière. Je ne suis jamais satisfait de moi-même mais je pense que c’est nécessaire pour continuer à progresser. »

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Toni ne s’est pas engagé de suite dans l’encadrement des jeunes : « Je devais me former moi-même avant de penser former les autres. Au contact des coaches  que j’ai à Beaune, j’ai compris que transmettre était important. Travailler avec Ephraïm Taukafa cette année m’a donné envie d’apprendre la même chose à mes jeunes, surtout en mêlée. Et Sébastien Magnat m’a beaucoup aidé depuis mon arrivée à Beaune en me donnant ma chance. Et ça aussi je veux le rendre aux jeunes. Tout le monde mérite d’avoir sa chance et c’est en travaillant qu’on l’obtient. »

Une vocation est donc née, ou plutôt une confirmation de vocation : « En Croatie, je voulais devenir prof de sport. Puis le rugby en a décidé autrement. Ce sport m’a donné énormément d’opportunités comme en faire mon métier, voyager, m’améliorer. Je veux rendre ce qu’il m’a apporté et ça passe obligatoirement par les jeunes. Et quand j’aurai terminé ma carrière, je voudrai retourner en Croatie pour entraîner les jeunes. Là-bas, on n’a pas la chance d’avoir de vrais coaches et j’ai envie de changer cela. »

C’est presque comme s’il y avait deux Toni Grle au CSB cette saison : « En senior, je suis celui qui apprend et qui écoute. Avec les jeunes, il faut s’adapter. Je dois être le leader, celui qui montre les choses. J’ai envie que, comme moi, ils pensent que le rugby est la vie, qu’ils en tombent amoureux. Je veux les aider à devenir de meilleurs joueurs mais aussi de meilleures personnes dans la vie car ça aussi, c’est un des buts de l’enseignement. »