Portrait de recrue : Jaun Kotze

16 Octobre 2018 - Actu Equipe A

Il est toujours intéressant de découvrir le parcours de nos joueurs. Celui de Jaun Kotze, notre nouveau demi-d’ouverture sud-africain est pour le moins atypique. Originaire de Messina, dans la région de Limpopo, il commence le rugby à 6 ans mais dans une version full contact qui était très prisée à l’époque : « Sous la pression des mamans, on est depuis revenu à un rugby plus traditionnel. Mais le rugby fait partie de l’entité de mon pays, ça a toujours été ma passion. Il n’y avait rien d’autre que je pouvais faire »

Et pourtant, sa carrière ne sera pas un long fleuve tranquille. Il quitte Messina à 18 ans pour Valke où il restera 5 ans. Il tente ensuite l’aventure européenne en rejoint la Lazio de Rome (oui oui comme le club de foot) qui est un gros club italien. Son retour en Afrique du Sud ne se passera pas comme prévu : « Il y a beaucoup de problèmes financiers dans le rugby sud-africain et de moins en moins de joueurs sous contrat. De retour à Prétoria, j’ai dû arrêter de jouer pendant 6 mois et prendre un travail dans le bâtiment car je ne trouvais pas de club pour évoluer en professionnel. C’est là que j’ai reçu une proposition des Griffons et j’ai pu reprendre mon vrai métier de rugbyman. »

Comme avec Valke, il disputera la Currie Cup, compétition qui regroupe les 15 meilleurs provinces sud-africaines : « Ce fut une belle année, on remporte même un titre. Evoluer en 1ere division, c’était bon pour moi, j’ai même été élu MVP. Mais le club a à son tour connu des problèmes financiers. Tout l’argent va au Springboks et au super-rugby tant que les budgets territoriaux et leurs contrats sont sans cesse réduits. Quand le staff a réuni l’équipe pour nous expliquer la situation, ça a vraiment été un gros choc. Mais je les remercie pour leur honnêteté. Ils ne nous ont rien caché et nous ont encouragés à quitter le club pour pouvoir continuer nos carrières. »

Et c’est là que la proposition du CS Beaune arrive : « Elle tombait plus que bien car je me demandais vraiment ce que j’allais devenir ! J’avais depuis longtemps envie de jouer en France alors j’ai sauté sur l’occasion. C’est vraiment un bel endroit ici, très différent de mon pays. Mon équipe était pro, on s’entraînait de 9h à 15h tous les jours. Ici, beaucoup de joueurs travaillent donc forcément ça me change mais ça ne me dérange pas. J’apprécie d’avoir un peu de temps libre. »

Mais le travail reste fondamental : «Le niveau de F1 est à peu près le même que celui de la 1ère division sud- africaine. C’est bien pour moi de rencontrer des joueurs physiques, ça me permet de travailler ma vitesse et les évitements. Et j’ai envie de rester ici, de progresser et de voir jusqu’où je peux aller. Je n’ai que 26 ans, je peux aller loin et c’est ce que je veux. Après nul ne sait ce qui peut arriver mais je sais que le rugby, c’est ma vie. »

Jaun Kotze a également pris le rôle de buteur au sein de l’équipe, un rôle qu’il prend très au sérieux : « C’est vraiment un poste à responsabilités. C’est pourquoi je m’entraîne au moins une heure par jour à botter car c’est mon travail d’apporter des points à l’équipe par ce biais. J’ai mes propres ballons, je peux donc m’exercer autant que je le veux. Buter est un acte individuel qui a un gros impact sur le collectif. Quand tu as la gagne d’un match au bout du pied, tu dois rentrer dans ta bulle, oublier qu’on crie autour de toi, qu’il y a du bruit. Tu dois absolument t’isoler même si c’est compliqué sinon tu perds ta concentration. Et offrir la victoire à ton équipe sur ce type d’action, c’est juste énorme. ».

Et notre demi d’ouverture croit en l’équipe : « Sur ces 6 premiers matches, on a prouvé qu’on était présents, même contre les grosses écuries. En tant que joueurs, en tant qu’équipe, on doit se mettre dans la tête que la Fédérale 2 c’est fini, que c’est derrière nous. Avec la mentalité que l’on a, on peut croire au maintien, on doit y croire même. On doit juste maintenant faire moins de petites erreurs qui nous coûtent très cher stupidement. En fait, on a juste à tenir la balle et tout ira bien. On a montré que, balle en main, on devient vraiment très fort. »

Et si l’équipe a encore une belle marge de progression devant elle, il en est de même pour Jaun : « A titre personnel, je veux apporter le plus de points possibles à l’équipe et donner le meilleur de moi-même. Ce n’est pas le cas en ce moment, je n’ai pas digéré tous les changements de ces dernières semaines. Mais je veux vraiment donner mieux et surtout plus. Je dois absolument arrêter de me poser des questions sur toutes ces nouveautés et jouer, juste jouer.