Portrait de recrue : Jérémy Lemoine

18 Septembre 2018 - Actu Equipe AU16

La première fois que le CSB a croisé la route de Jérémy Lemoine, c’était en Octobre 2017, lors du match de championnat qui opposait à Orléans à Beaune. Et ce jour-là, il s’est murmuré qu’il valait mieux l’avoir avec soi que contre soi.

Ce qu’on ignorait à ce moment-là, c’est que l’arrière de 26 ans, d’origine bourguignonne, avait quelques envies de retour aux sources. En effet, de 4 ans à 19 ans, il a fait toutes ses classes rugbystiques à Pougues-la-Charité à côté de Nevers. Il joua également en sélection -17 et -19 Crabos et Reichel ABCDXV. A 19 ans, c’est le club de Nevers et son univers semi-pro qui lui ouvre ses portes. Les horaires aménagés lui permettent de cumuler études et rugby. Il jouera sa dernière année avec le groupe pro avant de partir rejoindre Orléans pour 4 saisons.

Un club où nous avons pu constater qu’il a marqué les esprits et laissé son empreinte : « En partant de Nevers, j’ai retrouvé avec Orléans un vrai club familial où certes les moyens et le niveau étaient peut-être moindres mais où l’être humain était au centre des débats au même titre que le sportif. C’était quelque chose de très important pour moi et j’ai vraiment vécu 4 saisons fabuleuses là-bas. »

Et de Jeanne d’Arc aux Ducs de Bourgogne, il n’y a qu’un pas : « J’avais envie de retrouver mes racines bourguignonnes. Beaucoup de mes anciens coéquipiers de sélection jouent dans les clubs aux alentours. Jouer contre Beaune m’a permis de jauger le niveau d’exigence de l’équipe, de ses projets. De plus, un de mes meilleurs amis y jouait. Après quelques renseignements pris, je me suis dit qu’il fallait que je tente le coup. Lorsque j’ai quitté Nevers, c’était pour redescendre un échelon et ainsi mieux rebondir. La montée du CSB en Fédérale 1 a achevé de me convaincre. »

Cette expérience, à l’instar de plusieurs de ses coéquipiers, il va la mettre au service de nos jeunes. Et je peux vous affirmer qu’il prend son rôle très au sérieux : entraîneur des U16, intervenant sur le centre de perfectionnement, jeu au poste U16 et U18, il n’aura certainement pas le temps de s’ennuyer. Mais en vrai passionné, il ne s’arrête pas à cela : « Dans ma famille, on est tous rugby. Mon père a joué, mes frères jouent, ma mère a été dirigeante. Je suis un vrai mordu de ce sport, je n’ai jamais fait autre chose. J’aime bien les autres sports mais en dilettante, le rugby reste ma vie. Ca m’a permis d’évoluer, de garder le cap à certains moments de ma vie. Et j’aimerai que les jeunes aient cette même passion, cette même envie. Leur donner envie de continuer encore et encore. »

Car entraîner, ce n’est pas une nouveauté pour Jérémy puisqu’il entame sa 5e année d’éducateur après avoir été en charge des U12 et des U14 à Orléans. Titulaire d’un BFEJ, il  ne lui reste plus qu’à terminer son diplôme d’état : « En arrivant sur Beaune, j’ai voulu encore augmenter le niveau. C’est pourquoi je suis content d’évoluer avec les 16 et les 18 car ce sont des catégories où le physique et la technique commencent à l’emporter sur l’apprentissage. Oui, je suis un coach très exigeant mais je veux que ces gamins progressent et deviennent des hommes biens. Alors, pour cela, je leur demande juste de travailler. Et j’espère sincèrement qu’ils en retireront quelque chose tout comme moi je remercie certains de mes entraîneurs de m’avoir aidé à m’améliorer. »

Mais quand on est exigeant envers les autres, on l’est souvent avec soi-même. Et le néo-beaunois ne nie pas ce trait de caractère : « J’ai toujours été comme ça, à vouloir le meilleur de moi. Et plus j’avance, plus cela se renforce. Par contre, du fait de mon parcours, je suis moins exigeant avec mes coéquipiers.  A notre niveau, on reste dans le rugby amateur. Beaucoup de joueurs ont un métier à côté, se lèvent tôt, rentrent tard mais la solidarité de notre groupe fait la différence. »

Preuve s’il y en avait besoin que Jérémy Lemoine est bien beaunois à 100% : « Même s’il y a forcément de la concurrence entre nous, elle est hyper saine et c’est de bon augure pour la saison. On doit juste se montrer volontaire et bosser pour être le meilleur. On est à l’écoute de chacun, il y a des joueurs expérimentés et quoiqu’il se passe, on les écoute. On débriefe souvent, on échange nos impressions afin de pouvoir pallier aux manquements et aux erreurs qui ont pu être faits. »

Et la communication, c’est ce qu’il y a de plus important avant d’affronter toutes ces grosses échéances : « Chaque match sera compliqué car nous avons un statut d’outsider voire même de petit mais au vu de l’effectif, nous avons les moyens de beaucoup mieux figurer que ce que tout le monde pense. Par contre, il faudra faire très attention aux erreurs bêtes qui peuvent être fatales à la fin. Il faudra aussi s’appliquer dans le dernier geste pour pouvoir se sortir de toutes les situations. Ce sont les premiers matches, nous sommes encore en rodage mais dans pas longtemps, je suis convaincu qu’on pourra faire des résultats contre de plus grosses écuries. Je pense que notre force, c’est de créer du jeu, même les avants sont mobiles et évitent le frontal. »

Une manière de jouer qui lui plaît particulièrement : « C’est aussi pour cela que je suis venu à Beaune, parce-que c’est un jeu qui me correspond et qui me donne envie. Je veux prendre du plaisir et m’éclater. »