Portrait de recrue : Karim Qadiri

11 Septembre 2018 - Actu Equipe AU18

Il n’a que 22 ans et pourtant, Karim Qadiri a déjà une sacrée feuille de route à son actif. Originaire de région parisienne, c’est à Massy qu’il découvre le rugby à l’âge de 6 ans et dont il portera les couleurs pendant 14 ans. De 18 à 20 ans, alors qu'il a obtenu son bac à 17 ans,  il intègre le  pôle espoir rugby Lakanal, classé parmi les 10 premiers centres de formation de France. Non content de s’arrêter là, c’est le pôle espoir France qui l’appelle. Ce qui portera ses fruits puisque le longiline ailier portera le maillot national en France moins de 18 ans et moins de 19 ans. Tout en jouant pendant deux ans avec les espoirs du Stade Français. Cette saison, ces échéances internationales seront avec la sélection à 7 du Maroc.

Et malgré tout, il n’a pas longtemps hésité à quitter la tour Eiffel pour les vignobles beaunois, un changement radical de cadre de vie : « J’ai entendu parler du CS Beaune par le président du RCPXV Pierre-Alexandre Goichot (fils de vous savez qui NDLR). Le RCPXV a un partenariat avec le Stade Français et c’est comme cela que j’ai appris que le club cherchait des joueurs pour renforcer son équipe suite à sa montée en Fédérale 1. On s’est parlé avec Seb Magnat et son plan de jeu lancé sur les ¾ m’a plu. Le club veut s’installer en F1 et c’est un projet auquel j’adhère. Du coup, j’ai emmené mon ami, le pilier Nassim Aanikid dans mes bagages. Et même si j’ai raté le stage de cohésion, mon intégration s’est faite sans aucun problème. »

Un choix qu’on pourrait trouver étonnant au vu de son parcours mais que le jeune homme assume avec une déconcertante maturité : « Il y a de moins en moins de clubs qui recrutent et de plus en plus qui libèrent leurs joueurs. On parle de 400 départs pour 200 arrivées. Je ne sais pas à quoi cette situation est due. C’est encore plus vrai quand on sort de la catégorie espoir : quand on n’a pas de vrai CV, on a du mal  à se faire embaucher. Moi, je voulais du temps de jeu, continuer à progresser dans les secteurs où je suis plus faible. Si je ne suis pas en Top 14 ou en pro D2, c’est que je n’étais pas prêt. Il fallait surtout que je retrouve le plaisir de jouer. »

Car le plaisir, c’est ce que retient Karim du rugby en général : « C’est la fois ce qui se passe sur et en dehors du terrain, de pouvoir plaisanter, travailler et s’amuser. On se  lève le matin, on est content. C’est une chance de pouvoir travailler dans ce qu’on aime. Au niveau rugby j’aime tout ce qui est interne à ce sport. Pour pouvoir le comprendre, je pense sincèrement qu’il faut le vivre. Par exemple, il y a des moyens matériels qui n’existent qu’en Top 14 mais je ne m’emballe pas. Mon travail c’est d’être rugbyman alors je reste réaliste et je fais mon job. Bien sûr que jouer avec les pros c’est impressionnant mais moi, je suis là avant tout pour bosser. Même si avec mon diplôme d’infirmier une autre carrière m’attend, ce n’est sûrement pas pour tout de suite ! A l’heure d’aujourd’hui, ma vie, c’est le rugby. C’est mon projet, je veux franchir un cap chaque année.»

Et faire bosser les autres en même temps puisqu’il est l’un des nouveaux entraîneurs des U18 et intervenant sur le jeu au poste U16. Un choix qu’il n’aurait pas fait seul mais qui a suscité chez lui un intérêt insoupçonné : « Franchement, au départ, je l’ai fait parce qu’on me l’a demandé mais je n’étais vraiment pas emballé. Et puis une fois dedans, l’envie vient presque par magie et tu as envie d’en faire encore et encore. On a été à la place de ces jeunes et on sait qu’à cet âge, on a besoin d’être poussé. C’est l’entraîneur que tu as eu jeune qui va faire la différence. Moi, je veux leur donner l’envie de persévérer et de continuer aussi loin que possible dans ce sport. »

Mais l’objectif reste quand même cette saison de Fédérale 1 avec ses coéquipiers. On sait que le garçon a des qualités mais il fut très difficile de les obtenir. Nous saurons donc qu’il a un physique du genre de plus en recherché à son poste, qu’il a la vitesse, et que le fait qu’il soit « lourd » lui permet d’être à l’aise en 1 contre 1 et qu’il parvient ainsi à faire la part entre évitement et affrontement.

C’est quand on lui parle du groupe qu’il est le plus affirmatif : « Chacun doit jouer à 100%  et se mettre au service de l’équipe. Il faudra qu’on garde notre force de caractère, et on déjà a prouvé qu’on était dangereux en tenant le ballon. Par contre, quand on subit, on se démobilise et c’est ce qu’il faut éviter. On a toutes les qualités pour réussir, il nous reste à travailler à fond quelques secteurs. Nous sommes notre seul ennemi. Avec un jeu simple, on peut légitiment avoir l’ambition de se maintenir voire même plus. Cette saison sera sous le signe du collectif. On va essayer de voir le plus loin possible. »

Et de conclure : « On ne jouera pas petits bras. On ne se contentera pas d’être juste le promu qui monte et qu’il serait normal de voir redescendre. Ca non, ce n’est pas pour nous. »