Portrait de recrue : Rémi Cardon

02 Octobre 2018 - Actu Equipe AU14

Rémi Cardon, c’est un petit peu le gars du sud mais sans l’accent. C’est à Beaucaire/Tarascon que le futur 3e ligne touche son premier ballon de rugby, à 9 ans. Après un passage par Alès, il rejoint Narbonne pour deux années de Crabos/Reichel. La grande aventure commence à Aurillac où il signe un contrat espoir en Pro D2 puis un an en tant que joueur professionnel. En quittant le centre de formation, il fait sa première infidélité au sud en intégrant Rouen : « L’entraîneur était Richard Hill, la proposition ne se refusait pas. On s’est bien entendu sur le projet de jeu du club, qui était concret et bien construit. J’en veux pour preuve la montée en Fédérale 1 qu’on obtient cette année-là. »

C’est pourtant à Grasse que le joueur vivra deux années supplémentaires en F1. Avant d’atterrir au CS Beaune cette saison. A 26 ans, Rémi, jeune papa sait où il va et ce qu’il veut : « J’avais reçu beaucoup d’offres de beaucoup de clubs différents. C’est en parlant au téléphone avec Seb Magnat que Beaune s’est imposé comme choix. Tout était net à mon arrivée, tout était sain. Il fallait que je me pose rapport à ma famille et je ne regrette rien. Je suis persuadé qu’on va faire une grande saison. On vit bien ensemble, on rigole bien, on ne se fait jamais la gueule. C’est donc la preuve qu’on travaille bien. Car il faut bosser, bosser et encore bosser, il n’y a pas de secret. C’est par ce biais qu’on s’en sortira même si on n’est pas encore au complet. »

Car le garçon est un gros bosseur et un éternel insastisfait de lui-même. Alors même que ses premières prestations sous le maillot bleu et blanc ont été reconnues, lui trouvera toujours quelque chose à se reprocher. Il faut dire qu’il raisonne plus en terme de collectif que d’individualisme : « Je me fixe un objectif : faire avancer l’équipe. Sur ces premiers matches, on a trop souvent été privés de ballons, ce qui ne nous aide pas. Mais ce sont des choses qui vont se régler, lorsqu’on aura trouvé nos automatismes. Quand tu joues, quel que soit l’adversaire en face, tu dois rentrer pour gagner. On est en Fédérale 1, il n’y a pas de place pour la demi-mesure ni pour l’économie sinon ça ne sert à rien de rentrer sur le terrain. »

Et c’est une philosophie qu’il mettra également en pratique auprès de nos U14 cette saison : « J’ai toujours été éducateur avec les plus jeunes. Le rugby m’a apporté quelque chose et je veux lui rendre. Je trouve cela important de transmettre ses connaissances de jeu. Et sur cette catégorie en particulier où on commence à être technique, à voir des croisées et des redoublées. Ca devient intéressant, on peut mettre des choses en place. En début de saison, on leur remet les fondamentaux en tête et après tu peux développer du jeu et y apporter des combinaisons techniques ».

On l’aura donc compris, Rémi Cardon n’est pas venu à Beaune pour s’ennuyer. Et on peut même rajouter des échéances internationales à son emploi du temps. Car figurez-vous que le 3e ligne joue pour la sélection algérienne ! Un maillot qu’il doit à son grand-père : « Mes grands-parents sont algériens et mon père est né en France. J’ai joué mon premier match international contre la Zambie en finale de la Bronze Cup que nous avons d’ailleurs remportée. La Fédération algérienne est née il y a peu et notre objectif est de nous qualifier pour la Gold Cup pour pouvoir espérer jouer la coupe du monde. On est déjà champions Nord-Afrique, il nous reste une étape à franchir, c’est un challenge très excitant. »

Mais que tout le monde se rassure, sa tête est bien avec le CS Beaune et son maintien en Fédérale 1. Et là encore, pas de recette miracle pour y parvenir : « A part travailler, je ne vois rien d’autre. Sur nos 4 premiers matches, on ressent évidemment de la frustration car on voit qu’il y a de la place pour passer mais on met du temps à se réveiller. Dès qu’on aura gommé ça, tout ira mieux. Comptablement, le bilan est satisfaisant mais ce n’est pas encore assez. On doit faire des réglages mais surtout tout mettre en œuvre pour avoir le ballon. Car, on a vu que dès qu’on a la possession et donc qu’on peut produire du jeu, on met nos adversaires en danger. »

Et cet objectif collectif s’inscrit dans son objectif personnel : « Je veux qu’on réussisse en Fédérale 1 et qu’on termine bien classés. Je veux continuer à être épanoui sur toute la saison comme je le suis en ce moment. Non, je ne regrette vraiment pas mon choix. »