Portrait de recrue : Santiago Iglesias

20 Septembre 2018 - Actu Equipe A

Santiago Iglesias, arrivé à Beaune il y a quelques semaines pour évoluer au poste de talonneur, a déjà un parcours qui fait rêver du haut de ses 25 ans. Il faut dire qu’il est mis au rugby très jeune.

Originaire de Tucuman en Argentine, il a tout juste 3 ans quand il débute au club Universario Tucuman : « Si le football est vraiment le sport phare dans mon pays, toute ma famille a joué au rugby. Mon grand-père a même fondé le club où j’ai passé toute ma jeunesse. J’ai tenté le foot mais ma place était au rugby. »

Et l’avenir lui a prouvé qu’il avait eu raison. Alors qu’il joue encore avec son club de cœur, il est appelé en 2011 pour jouer avec « les Pumitas », la sélection junior de l’Argentine. Il disputera ainsi la coupe du monde junior. Et la consécration supplémentaire vient en 2013 lorsqu’il intègre les Pumas senior : « Il faut savoir qu’en Argentine, le rugby est amateur partout à part les joueurs qui sont sélectionnés. Moi, je savais déjà que je voulais être professionnel et j’ai toujours donné le meilleur de moi-même à l’entraînement dans ce but. Donc porter le maillot national, c’est vraiment une reconnaissance. J’ai joué le premier match de ma carrière internationale senior contre l’Angleterre, à Twickenham, devant un public énorme. C’est une sensation indescriptible, on se sent à la fois très grand et très petit. ».

En 2014, il s’engage avec l’Argentina Union qui lui offre un contrat professionnel. En contre-partie, il s’engage à jouer avec toutes les équipes nationales susceptibles de l’appeler. Trois ans plus tard, retour à Universario avant de prendre son envol pour la France et le club de Béziers : « Jouer en France était un autre de mes rêves, découvrir un autre pays, une autre culture et une autre façon de jouer. Et c’est effectivement complètement différent. Etre à Béziers fut une très bonne expérience, tant sportivement qu’humainement. C’est toujours formateur et intéressant de voir d’autres choses. »

Malheureusement, l’expérience est brutalement interrompue par une blessure à l’épaule qui nécessitera une opération. Un assez sale période pour Santiago : « Ca a vraiment été difficile physiquement et mentalement. Je me suis retrouvé privé de tout ce que j’aimais. J’ai travaillé très dur en rééducation pour revenir. J’ai eu la chance d’être extrêmement bien entouré par le staff médical. » Il rentre alors en Argentine pour terminer de récupérer et retrouver son coach de toujours à Universario, une sorte de père spirituel : « Son soutien a toujours été sans faille et encore plus dans cette épreuve. Je lui dois vraiment énormément. Il m’a aidé à reprendre confiance en moi, à retourner au contact. »

Mais le garçon est tenace : hors de question de renoncer à ses rêves. Et c’est là que son agent lui présente la proposition du CS Beaune : « Je voulais rester en France. Pour moi, c’était le meilleur endroit pour reprendre ma carrière là où je l’avais laissée. On m’offrait de faire ce que j’aime le plus au monde, je n’allais pas laisser passer cette occasion. Et je ne regrette pas mon choix. La ville est vraiment belle et le club me fait penser à Universario avec son côté familial. Je me sens vraiment bien ici et je vais tout donner pour faire une belle saison. »

Et la vie du groupe va dans le sens du jeune talonneur : « Ensemble, on va vraiment bien, on veut tous la même chose. Et j’ai vraiment été bien accueilli. Je pense que semaine après semaine, nous allons continuer de grandir. Nous avons commencé à nous entraîner très dur ensemble, ça créée des connexions. C’est très important d’avoir cet état d’esprit car la saison va être longue. Il y a beaucoup de nouveaux joueurs mais je pense sincèrement que nous avons un bon niveau et un bon rugby. Mais nous avons besoin de temps ensemble pour nous connaître sur le terrain, trouver nos marques et faire ce que le coach nous demande. Je suis convaincu que nous allons faire une bonne saison, je suis même prêt à le parier ! »

A titre personnel, Santiago Iglesias n’a pas tiré un trait sur les Pumas : « Je me focalise sur cette saison mais j’ai beaucoup d’ambitions. Je suis jeune, je sais que je peux continuer à grandir à mon poste. Et je pense que c’est le rêve de chaque joueur d’où qu’il vienne de représenter son pays. Je pars du principe que, si tu travailles dur, tu peux vraiment réussir de belles choses. C’est en tous cas la philosophie qu’Universario m’appris. »