Georges Ravoir : " Ca ne se refuse pas "

24 Octobre 2020 - Actu Espoirs Fédéraux 1

Si vous êtes un habitué de Jean-Guiral, son visage ne vous est sûrement pas inconnu. En effet, jusqu'à l'année dernière, Georges Ravoire, dit " Mr Black " pour les intimes, tenait encore le guichet des entrées du stade du haut de ses 83 ans et quelques poussières. 

Mais " Le Black ", c'est aussi le symbole d'un rugby d'un autre temps, celui où, quand on commençait dans un club, on ne le quittait jamais, que ce soit en tant que joueur ou en tant que bénévole. On ne parle que trop rarement des personnes comme lui et on oublie trop facilement que sans les hommes qui ont fait le CS Beaune d'hier, il n'y aurait pas de CS Beaune d'aujourd'hui. 

Dimanche dernier, Olivier Lagrue, dirigeant de l'équipe, lui a demandé de remettre leurs maillots aux jeunes espoirs bleu et blanc avant la rencontre contre Mâcon. Une mission que notre cher ancien a accepté avec énormément de plaisir mais aussi un brin d'émotion. Un moment de partage intergénérationnel qui a parlé à nos jeunes joueurs. 

Rencontre.

CSB : " Mr Black, cela vous fait combien d'années de CS Beaune au compteur ? "

GR : " Cela fait bientôt 70 ans de club, une vingtaine d'années comme joueur et le reste en bénévolat, tout simplement. Je suis heureux d'être là aujourd'hui pour remettre les maillots aux espoirs, quand on me l'a demandé, j'ai répondu " ce sont des choses qui ne se refusent pas ". 

CSB : " Qu'est-ce que cela représente pour vous ? "

GR : " L'amitié déjà et puis, la relation entre joueurs et dirigeants. "

CSB : " Ce geste en particulier, celui de remettre le maillot aux espoirs, qu'est-ce que cela représente pour l'ancien joueur que vous êtes ? "

GR : " Ca me rappelle les bons souvenirs que j'ai eu dans ce club avec ce maillot que j'ai porté. Et puis moi, ça me fait plaisir, c'est surtout le plaisir de faire ça pour le club et pour les joueurs, bien sûr. "

CSB : " Et le fait que ce soit les espoirs, les jeunes, la relève, c'est une symbolique supplémentaire ? "

GR : " Ah oui, c'est certain (rires) ! Je suis un grand-père vis à vis de tous ces jeunes-là. Je suis tout simplement heureux et content de faire ce geste-là. "

CSB : " A votre avis, qu'est-ce qui caractérise une équipe espoirs ? "

GR : " C'est déjà avoir envie de jouer puis de monter au niveau supérieur pour jouer en équipe première, avoir des envies. Et c'est surtout ne pas être personnel, être près de ses copains pour jouer, pour faire une équipe où tout le monde joue. "

CSB : " En parlant de cela, vous avez été champion de France en 1963 avec une bonne équipe de copains, qui le sont toujours. Quels souvenirs en gardez-vous ? "

GR : " C'est vrai qu'à l'époque, nous avions déjà des gens que l'on connaissait, qui étaient du club et de la région. En plus de cela, nos dirigeants étaient pratiquement nos pères de famille, des gens qui nous côtoyaient tous les jours et qui nous encadraient pour tenir la buvette. Il y a avait beaucoup moins de dirigeants que maintenant, il est certain que les choses ont changé (rires). C'était la vie de famille. "

CSB : " Justement, par rapport à tout ce que vous avez connu, quel est votre regard sur ce rugby 2020 et sur ce CS Beaune 2020 ? "

GR : " C'est complètement à l'opposé (rires) ! Pour prendre un exemple, pour se faire soigner, c'était la sécurité sociale alors que maintenant, il y a des docteurs. On jouait à 15 et quand il y avait un blessé, on jouait à 14 alors qu'aujourd'hui, il y a 7 ou 8 remplaçants. Ce n'est pas du tout la même chose et il faut reconnaître que l'argent a changé beaucoup de choses, tout a changé. "

CSB : " Et le CS Beaune ? "

GR : " Le CS Beaune, je ne le quitte pas, j'ai tout simplement arrêté de travailler au sein du club. Je pense avoir fait assez de bénévolat et disons que maintenant, je reste pour le coup de fourchette et la 3e mi-temps. Celle-là, je peux la faire (rires) ! "