Paddy Flemming : " J'aime penser que c'est l'année de Beaune "

25 Septembre 2020 - Actu Equipe A

Comme le temps file très vite, nous n’avions pas eu vraiment le temps de vous présenter notre arrière écossais Patrick « Paddy » Flemming. Arrivé au mois de Novembre 2019, le jeune arrière ou demi d’ouverture ou centre s’est vite acclimaté à la Bourgogne (sauf à son climat) et au CS Beaune, un club qu’il a envie, avec ses coéquipiers, d’emmener le plus haut possible cette saison.

CSB : « J’imagine que, pour un Ecossais, on ne peut guère faire un autre sport que le rugby ? »

PF : « Et bien non, tu te trompes (rires) ! En Ecosse, le premier sport national est le football et j’ai commencé en étant gardien de but. Mais franchement, je n’aimais pas ça : déjà, je n’étais pas très bon et en plus, ça ne bougeait pas assez dans les cages pour moi qui aime vraiment l’action. Par contre, je faisais du rugby à l’école et j’adorais ça donc, à 12 ans, j’ai vite abandonné le foot pour me consacrer au rugby dans mon premier club qui était Cumnock. »

CSB : « Tu as très vite su que tu voulais faire ta vie dans le rugby ? »

PF : « L’un de mes meilleurs amis jouait pour Ayr qui nous avait battus lors d’une rencontre. Je déteste perdre, c’est la pire des choses pour moi. Donc dans ma tête, il fallait que j’aille à Ayr si je voulais jouer à un meilleur niveau. En plus, tous mes amis y étaient ce qui motivait encore plus ma décision. Je les ai donc rejoints vers 13/14 ans. Ils avaient un super système de jeu et j’ai aussi commencé à coacher les plus jeunes. C’est là que j’ai su que je ne voulais rien faire d’autre que du rugby. »

CSB : « Tu étais pourtant très jeune pour prendre cette décision ? »

PF : « Je voulais travailler tout en continuant à jouer.  J’ai arrêté l'école à 17  ans après avoir joué dans un « rugby College » pendant 5 ans. Il y avait un environnement très professionnel  mais l'école ne m’intéressait pas. Je n'avais rien d'autre dans la tête que le rugby, j'ai vraiment essayé mais ça ne marchait pas. J’ai eu une très longue discussion avec ma mère en lui disant « je veux vraiment être un crack au rugby, laisse-moi le tenter et si ça ne marche pas, promis, je retournerai à l'école. » J'ai passé un diplôme pour être coach sportif car je voulais plus de qualifications pour l'après-rugby et Ayr m’a pris comme coach. Ils ont été super avec moi dès mon plus jeune âge, ils m'ont permis d'enseigner, j’y ai rencontré mes meilleurs amis. Quand je retourne en Ecosse, j'y vais toujours. »

CSB : « Pourquoi un tel coup de cœur pour le rugby ? »

PF : « Au départ, le rugby, c’était pour les amis. Et puis, j’ai découvert le sport en lui-même : tu dois défendre, attaquer, avancer, c'était excitant. Si je devais choisir entre un match de rugby et un match de foot à regarder, ce serait définitivement un match de rugby, il y a tout dans ce sport. Bon, excepté quand tu dois jouer l'hiver, là je déteste (rires). »

CSB : « Et comme tu l’avais promis à ta maman, tu as commencé à te faire connaître ? »

PF : « Le système écossais est très différent du système français, ça  fonctionne par régions, un peu comme dans l’hémisphère sud.  Les équipes de chaque région jouent l'une contre l'autre, il y a ensuite une sélection Est contre Ouest et ils choisissent les meilleurs joueurs. Moi, je jouais pour Glasgow, de mes 16 ans jusqu'à mes 18 et à l'époque, j’étais demi de mêlée. Je n'ai rien fait de spécial pour impressionner, j'aimais juste jouer. A mes 19 ans, une équipe japonaise est venue jouer contre notre équipe et ce fut une expérience incroyable ! C'est là que j'ai été repéré par l'équipe nationale mais je me suis blessé juste avant la Coupe du Monde U23. J'ai quand même eu la chance d'être sélectionné mais un autre 10 vraiment très bon est venu et ils m'ont proposé de jouer 15.  C’est à ce poste que j’ai débuté le Tournoi des 6 Nations. »

CSB : « C’était la première fois que tu portais le maillot du XV au Chardon. Ca a dû être incroyable pour toi ? »

PF : « Je me rappelle de ce match, nous n’avions pas été chanceux avec le score mais ce fut un sacré match. A chaque fois que j'ai joué avec cette équipe, j'en ai eu des frissons, je n'ai jamais été aussi nerveux excité et impatient de ma vie. En fait, c'est indescriptible ce que l'on ressent, je me rappelle juste que j'étais très malade avant les matches (rires). Je voulais vraiment donner le meilleur de moi- même tout simplement parce que c'était magique. Mais dès le premier coup de pied, le jeu commence, tu as un job à faire et tu dois le faire. C’était juste incroyable. »

CSB : « Puis est arrivée la Coupe du Monde U20 en France en 2019 ? »

PF : « La Coupe du Monde, c’était encore quelque chose de de différent. Il y avait beaucoup plus de monde, je me rappelle notamment du stade de Béziers qui m’avait vraiment impressionné. C'était incroyable, ma mère était là pour le partager avec moi. J'ai vraiment eu beaucoup de chance, avec ma famille, avec mon jeu. Je sais que je peux compter sur eux même si ma mère est souvent inquiète pour moi (rires). »

CSB : « Et quelques mois après, tu découvres la Bourgogne et le CS Beaune. Un gros changement après l’Ecosse ? »

PF : « La plus grande différence, c'était le climat (rires) ! Lors de ma première rencontre avec Seb, je voulais jouer au pied par-dessus, tout le temps, il m'a dit « non, juste joue ».  Je suis surpris de la force de notre pack, il est impressionnant, plus fort que celui de ma première équipe. Les entraînements m'ont surpris aussi avec les séances de physique, je n'avais jamais connu ça. Il y a un bon mix d'anciens et de jeunes joueurs, c'est un plaisir de jouer avec eux. Je ne parle pas encore très bien le français mais beaucoup de joueurs m'aident comme Santi, Zani, Matias. Tout le monde est là pour moi si j'ai un problème, c'est génial. »

CSB : « Quels sont tes atouts dans ce groupe ? »

PF : « J'aime penser que j'apporte ma vitesse. Je déteste perdre, dans ma vie, tout est question de compétition. Par contre, même si je peux botter, je ne suis pas en compétition avec Jaun. C’est un excellent buteur, c'est impressionnant, il est meilleur que moi. Il butera, il n'y a aucun problème là-dessus. »

CSB : « Parle-nous de ton poste d’arrière »

PF : « Quand tu joues 15, tu dois beaucoup parler, parler fort, être une sorte de leader, tu dois communiquer. Je n'aime pas le contact, je sais que c'est nécessaire mais si je peux l'éviter, c'est mieux (rires). Quand j'étais plus jeune, j'ai du trouver un moyen d'être meilleur pour ne pas me faire déborder et rentrer dedans donc j'ai travaillé ma vitesse et mes évitements, il était hors de question de me faire tacler ! Quand je vois des mecs plus gros ou plus forts que moi et que j''arrive à leur mettre un vent, je suis heureux. »

CSB : « Comment as-tu abordé ce début de championnat ? »

PF : « Nous étions vraiment excités de pouvoir rejouer, il y a de supers nouveaux joueurs et nous avons beaucoup discuté entre nous. L’an dernier, nous avons fait des matches énormes et battu des équipes comme Chambéry ou  Dijon. Je n'ai joué que 5 matches avec l’équipe première donc, bien sûr que j'ai été frustré que la saison s'arrête, il m'a manqué quelque chose. Je n’ai pas réussi à tout montrer et c’est ce que je veux faire cette saison. Cette année, je suis sûr que nous avons notre épingle à tirer du jeu. J’aime penser que c'est l'année de Beaune et que nous irons au moins en play-off, on jouera chaque match pour gagner, c'est certain. »

CSB : « Quels sont tes objectifs personnels ? »

PF : « Je suis tellement heureux en France, tout est génial. Personnellement, je voudrai m'essayer à un plus haut niveau, Pro D2 ou même Top 14 mais ma tête et mon jeu sont à Beaune, on verra bien ce qu'il se passera ensuite. J’avais vraiment hâte que la saison recommence, j’étais en manque de jeu. Et pour le moment je ne pense qu'au rugby, je sais que je reviendrai au coaching mais plus tard. En attendant, c’est avec plaisir que je donnerai un coup de main à l’école de rugby ou aux jeunes de Beaune s’ils ont besoin. »

CSB : « Pour conclure, si Paddy Flemming devait décrire Paddy Flemming en trois mots, que dirait-il ? »

PF : « Compétitif, travailleur et heureux. »