Une victoire la rage au coeur

02 Mars 2020 - Actu Equipe A

Lorsque nous sommes allés féliciter le coach Sébastien à l’issue de la superbe victoire du CS Beaune contre Mâcon en ce dimanche de tempête, il nous a gratifiés d’un « oui, c’était pas mal ». Mais le sourire de l’entraîneur ne pouvait cacher qu’il avait autant sinon plus de plaisir à driver cette rencontre que nous à la suivre.

Etait-ce l’ambiance derby ou bien la volonté de rester accrochés coûte que coûte à cette 6e place synonyme de qualification en Du Manoir ou bien encore les mots malheureux d’un certain « journaliste » saône-et-loirien qui, se prenant pour Mme Irma, avait annoncé que Mâcon repartirait avec 5 points de Jean-Guiral voire gommer une prestation en demi-teinte au match aller ? Certainement un peu des quatre … Mais la vérité vraie n’appartient qu’à nos joueurs dans le secret du vestiaire.

Alors que le 1er déluge s’abattait sur le stade pendant l’échauffement, et qu’on plaignait d’avance les joueurs d’avoir choisi rugby plein air plutôt que e-rugby du fin fond de son canapé, il a suffi d’entendre le discours de Kevin Boudot avant de rentrer au vestiaire pour comprendre que cette rencontre ne serait pas comme les autres. La victoire serait beaunoise ou ne serait pas et malheur à qui viendrait la contester. Et ça continua comme ça jusqu’à la sortie des vestiaires. Il n’est pas dans nos habitudes d’entendre nos bleus crier aussi fort leur détermination. Je dois bien avouer qu’on avait déjà les frissons, et pas que de froid, alors que le coup d’envoi n’était pas même donné.

Et la folle rencontre commença. Le premier quart d’heure fut archi-dominé par les bleus, présents dans toutes les phases de jeu mais surtout, surtout dans le combat. Ca pilonne, ça envoie, ça pousse, ça avance dans tous les sens. Seul petit point noir, ça ne score pas et on a un petit peu la crainte que les beaunois ne s’épuisent trop tôt. Mais qu’est-ce qu’on se trompait ! Et ce n’est pas la seule pénalité passée par Mâcon, qui ouvrira le score à la 16e minute, qui viendra entacher l’esprit guerrier de nos troupes. Alors qu’ils campent dans le camp adverse poussant l’ASM à la faute, Boudot buteur d’un jour en l’absence de Jaun Kotze, remettait les compteurs à égalité. Mais il manque l’essai qui permettrait de se donner un peu d’air. Les avants continuent alors leur travail de sape dans le sillage d’un Manoa exemplaire en ce dimanche permettant à Pages de déclencher une relance bien suivie bien Lebeault qui, stoppé à quelques mètres de la ligne, va trouver « bip-bip » Lanny au soutien, ce dernier poursuivant sa course derrière l’en-but. Boudot transforme, la mi-temps est sifflée, Beaune mène 10 à 3, timing parfait !

Et là, alors que le temps était déjà pas chouette, voilà t’y pas que c’est la tempête. Le vent se déchaîne, la pluie aussi. Moi, perso, je ne sortais pas des vestiaires mais heureusement, je ne suis pas un joueur. Parce-que les 15 joueurs qui sont revenus sur le pré, ils en avaient rien à faire du déluge, la rage de gagner était toujours là. Et ça continue sur le même tempo, chaque tentative d’action mâconnaise est contrée et annihilée. Deuxième échec aux poteaux pour le buteur visiteur, alors que Boudot ne manque pas l’occase d’instaurer un +10 pour les siens. Les bleus sont survoltés, rien ne les arrête. Alors qu’on pourrait légitimement fatigués par toute cette débauche d’effort que par le fait de jouer dans un bourbier, ils continuent d’envoyer du jeu jusqu’à marteler la ligne d’en-but adverse. Il va bien falloir que ça passe tellement c’est mérité. Et c’est une dernière grosse progression du pack qui va permettre de libérer le ballon pour Qadiri qui n’a plus qu’à allonger la foulée pour aplatir. Lebeault ne transformera pas mais on s’en fiche. 80e minute, fin du match, victoire du CS Beaune, 2e timing parfait.

Joie, beaunheur et « Bleu, blanc, boue », le CS Beaune a montré qui était le patron. Une prestation comme ça, engagée, aboutie, quasi parfaite pendant 80 minutes, mais c’est qu’on en redemande tous les week-ends nous ! Mais surtout quel état d’esprit d’équipe et le fait d’avoir gagné ce match à 23 et même à 24 ne lui donne que meilleur goût. En ce 1er dimanche de Mars, nous n’avons pas vu que des joueurs sur le pré de Jean-Guiral, nous n’avons vu que des guerriers. Ça nous a fait tellement plaisir qu’on a même réussi à oublier qu’il faisait un temps de chien.

Les bleus s’en sont allés en guerre. Maintenant, place à la trêve et au repos des braves avant d’aller affronter le 15 Mars le Stade Dijonnais dans son antre de Bourillot pour un choc qui s’annonce encore plus intense. Mais les bleus d’hier peuvent assurément battre n’importe quelle équipe aujourd’hui. Gardez ce feu messieurs et on se prendra tous à continuer à rêver.

Quant à vous, Mr Barletta le voyant, je vous conseille vivement de vous offrir une nouvelle boule de cristal. Allez, sans rancune et bizoux de nous.