Vous les femmes ...

08 Mars 2020 - Actu Equipe AEspoirs Fédéraux 1LoisirsU18U16U14U12U10U8U6

Que personne ne s'affole et surtout pas vous, Messieurs. Vous pouvez lire cet article sans craindre de pamphlet féministe. Je n'ai jamais été du genre à brandir des étendards et même si on appelle le 8 Mars " la journée de la femme ", je ne risque pas de commencer aujourd'hui. 

Mais, parce qu'il paraît que l'on célèbre les femmes en ce dimanche, alors que nous sommes bien conscients qu'on les célèbre tout autant les 364 autres jours de l'année, ça m'a néanmoins donné l'envie de remercier quelques personnes. Une sorte de clin d’œil ou appelez ça comme vous le souhaitez. 

D'abord, commençons par un peu d'histoire. Lorsque j'ai mis les pieds dans le rugby il y a de cela 21 ans (bien évidemment, aucun commentaire sur mon supposé âge ne sera accepté, vous vous en doutez bien), je peux vous affirmer qu'il ne faisait pas bon être une femme. Il n'y en avait pas des masses d'ailleurs et on s'appliquait bien à vous faire sentir que vous aviez votre place partout sauf autour d'un terrain de rugby et encore moins au sein d’un club. C'était pas facile, facile comme époque mais on ne peut plus formateur. Et oui, ça forge le caractère comme on dit et en plus, on peut jurer comme on veut sans que ça n’offusque personne et ça, c'est plutôt cool. 

Bref, tout cela pour dire que 21 ans plus tard, on trouve des femmes arbitres de rugby, des femmes kinés, des femmes soigneuses, des femmes médecins, des femmes analystes vidéos et bien évidemment, des femmes joueuses. Et tout cela, sans que cela ne dérange absolument (presque) plus personne ! C'est y pas chouette quand même l'évolution des mentalités ? 

Là, nous sommes dans la partie visible des femmes dans le rugby. Mais celles que j'ai envie de mettre en avant aujourd'hui, ce sont celles de l'ombre. Celles qui sont là mercredi après mercredi, samedi après samedi, dimanche après dimanche. Celles qui soignent, qui réconfortent, qui encaissent qui supportent au sens propre comme au sens figuré. Celles qui bossent, celles qui œuvrent, celles pour qui un dimanche en famille va souvent de pair avec un dimanche au stade. Bref, vous les femmes. 

" Tu as pris tes gants ? Tu as ton bonnet ? Ton Kway ? Ton goûter ? Tes baskets ? Tu fais attention ? Tu ne plaques pas ? ". Elles, ce sont les mamans, toujours aux petits soins pour leurs chères têtes blondes lorsqu'ils partent faire du rugby. Même si elles sont inquiètes, même si elles auraient préféré passer leur samedi au basket ou au hand voire même au foot, elles se sont laissé convaincre par le rugby. Et mesdames, rassurez-vous, vous avez eu raison. On en prend soin des pitchounes et ils ne sont pas plus en danger qu'ailleurs. Et puis, vous êtes là dans les tournois à pousser derrière vos enfants, qu'ils soient petits ou bien très grands (spéciale dédicace à deux d'entre elles qui se reconnaîtront). Qu'importe l'âge, vous êtes toujours là, merci mesdames. 

" Tu te rappelles que dimanche, on va manger chez ma mère ? Bah non chérie, dimanche, je joue à Tataouine-les-Bains. D'ailleurs, ne m'attend pas, la 3e mi-temps risque de durer ". Elles, ce sont les épouses, les compagnes, les petites amies du joueur. Celles qui font autant de sacrifices que leurs chers maris, sacrifices de temps en famille, de dîners, d'activité. Celles qui supportent les exubérances des victoires et les mauvaises humeurs des défaites, la pression d'être ou de ne pas être dans le groupe, l'angoisse de la blessure, l'angoisse de pouvoir revenir sur le terrain. Celles aussi qui sont étrangères, qui n'ont eu d'autres choix que de suivre leurs conjoints dans un pays étranger et de devoir s'adapter bon gré, mal gré à une nouvelle langue et une nouvelle culture. Pas facile, facile quand on y pense bien. Qu'importe les difficultés, vous êtes toujours là, merci mesdames. 

" Ciné entre copines dimanche ? Non, désolée, j'ai rugby. ". Elles, ce sont les bénévoles. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, qu'il fasse 40°, elles sont au four et au moulin enfin pardon, à la buvette, à la boutique, aux entrées, aux gâteaux. De vraies petites fourmis ouvrières qui œuvrent dans le club bien souvent sans faire de bruit mais qui, pour encourager les troupes bleues et blanches, savent toujours donner de la voix. Ce qu'il y a de bien, en tous cas au CS Beaune, c'est que par contre, elles sont bénévoles en famille pour la plupart. Ça donne encore une autre saveur à la chose mais ça n'en reste pas moins extrêmement appréciable. Qu'importe les calendriers, vous êtes toujours là, merci mesdames. 

" Derrière chaque grand homme se cache une femme ". Faux, un club, ce sont des hommes et des femmes, c'est une unité, c'est chacun qui apporte sa pierre à l'édifice. Mais il y a 21 ans, peu de femmes avaient la possibilité de participer à l'aventure rugby. Aujourd'hui, elles lui sont indispensables, à tous niveaux. 

Alors, merci mesdames.